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homélie du 4ème dimanche ordinaire, le 30 janvier prononcée par Père Emmanuel GobilliardHier, il y avait une petite fête à Sainte Monique. C’est un établissement public comme son nom ne l’indique pas, une maison de retraite et à l’issu de cette petite fête il y avait la messe qui était célébrée. A cette messe presque tous les pensionnaires sont venus, trop heureux d’avoir la messe et ils ont entendu cette lecture : « Parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance ». Cette lecture leur est allé droit au cœur. Ils se sentent parfois inutiles, ils voient leurs corps se dégrader, ils ont pour la plupart tous leurs têtes, ils comprennent, et ils sont parfois abandonnés par leur famille, leurs amis et ils entendaient cette lecture : « Il n’y a parmi vous pas de gens puissant et pourtant ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi. » Ils ont reçu cette parole comme un grand réconfort et ils se sont dit : « oui j’ai du prix aux yeux de Dieu même si humainement j’ai l’impression de ne servir à rien. Je suis encore capable d’aimer ». C’est l’amour qui retourne le monde, c’est l’amour qui convertit, qui transforme et qui change les cœurs. Alors ces pauvres, au milieu de notre cité, ce sont ceux qui, non seulement vont changer le monde si j’en crois la lecture, mais ce sont aussi eux que le Seigneur préfère parce qu’il sont les plus pauvres. Je leur ai dit dans l’homélie qu’ils étaient non seulement des pauvres donc aimés de Dieu mais aussi sans doute les plus utiles aux yeux de Dieu, leur mission étant de continuer à aimer malgré les difficultés, malgré les persécutions à l’égard de cet âge vieillissant, persécutions de notre société à l’égard de nos ainés. «Heureux êtes-vous si vous êtes persécutés et si vous êtes encore capables d’aimer ». Nous recevons beaucoup de ces pauvres, alors sachons rendre grâce. Cette lecture nous surprend comme l’amour qui surprend toujours ; il nous tient en éveil et évite que nous nous installions dans des situations convenues, des rencontres préparées d’avance, des critères de jugements qui ne dérangent personne, qui nous permettent de préserver notre petit confort matériel mais aussi spirituel, ce qui revient à penser : ce que je fais est bien, ce que je pense est bien. Surtout ne changeons rien. Nous sommes alors comme le jeune homme riche : parfait, selon lui mais en fait parfaitement banal. Jésus lui propose la conversion véritable et il s’éloigne tout triste parce qu’il avait de grands biens. N’imaginez pas qu’il avait seulement de grandes richesses matérielles. Sa richesse c’était ses habitudes bien ancrées, sa grille de jugement, son confort spirituel. Jésus attend de nous que nous soyons comme Zachée qui se laisse surprendre, qui se laisse toucher, qui se laisse guider, qui se laisse convertir. D’un côté le jeune homme riche veut diriger sa vie, de l’autre Zachée se laisse convertir. Se laisser faire par un autre. C’est terrible pour l’orgueil ! Mais c’est aussi la porte d’entrée de la sainteté parce que seul Dieu est saint et si je compte uniquement sur moi, je suis sûr d’une chose, c’est de ne pas l’être…saint. Compter uniquement sur soi c’est d’abord être sûr de son jugement. Les textes d’aujourd’hui mettent en péril nos idées reçues et confortables. « Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » et « Heureux ceux qui pleurent ». La semaine dernière déjà, Jésus avait surpris tout le monde en allant à Capharnaüm. Des petites voix lui disaient en substance : « Tu devrais rester en Judée, rencontrer des gens bien, faire valoir tes talents auprès des docteurs et des décideurs, ce serait beaucoup plus utile pour nous, pour l’image de l’Eglise, pour notre influence. » nous pouvons entendre la réponse de Jésus même si ce n’est pas à ce moment là qu’il l’a faite « Passe derrière moi Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu » Parfois nous sommes dérangés dans nos habitudes et c’est bon et rendons grâce au Seigneur pour cela. Nous ne devons pas nous installer dans une médiocrité qui risque de nous faire descendre. La conversion, c’est se tourner vers Dieu qui nous fait grandir, qui nous élève, qui nous fait être meilleurs par sa grâce, grâce à lui. Lorsque nous lisons l’Evangile, nous voyons aussi que Jésus bouleverse nos critères mais attention il ne faut pas faire de contresens en lisant les béatitudes. Le contresens cela serait -si je prends par esemple la béatitude : « heureux ceux qui pleurent »- de croire que cela signifie, heureux ce qui pleurent sur leur propre malheur. Je pense que cela veut plutôt dire : « heureux ceux qui pleurent sur la détresse des autres » ! Pourquoi ? Parce que, dans les béatitudes, le critère c’est Jésus, le Saint, le bienheureux c’est Jésus et le critère nous est donné par la dernière béatitude : « Heureux serez vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi ». Il ne dit pas « contre vous à cause de vous » mais « à cause de moi ». Vous voyez la différence : on peut être persécuté parce qu’on a fait nous-même des bêtises. Et il faut lire toutes les autres béatitudes dans cet esprit, il faut les lire comme cela : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, heureux les miséricordieux…pour les autres. C’est la dimension oblative des béatitudes qui fait leur valeur, parce que c’est l’attitude de Jésus sur la croix : il ne pleurait pas sur sa propre souffrance, il pleurait sur notre péché, il était miséricordieux à notre égard. Dans un monde qui est marqué par un individualisme forcené, nous devons aller à l’encontre des idées reçues, des convenances en étant mus par la charité, par le désir d’abord que les autres soient heureux alors nous le serons aussi, bienheureux du bonheur des autres, de la charité de Dieu qui se répand. Maryline Reymond
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2ème DIMANCHE DE PÂQUES HOMELIE prononcée par PERE FLORENT DE RUGY

