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homélie du 7ème dimanche de Pâques le 04/05/2008
« Glorifie ton fils afin que le fils te glorifie ». « Moi je t'ai glorifié ». « Père glorifie moi ».
Dans l'Evangile d'aujourd'hui nous entendons plusieurs fois ce terme « glorifier ». Que signifie-t-il exactement ? Glorifier, c'est manifester la vérité de l'être ! L'épisode que nous avons entendu fait partie du discours sacerdotal, ce grand testament que Jésus propose à ses apôtres au Jeudi Saint à la Cène. A la croix la gloire de Dieu va être voilée et il est important pour Jésus de rappeler aux apôtres que, même si Jésus pendant ces jours de la passion va être humilié, bafoué puis crucifié, il accomplit parfaitement la volonté du Père. Sa divinité n'apparaît plus, ce qui ne signifie pas qu'elle a disparu. Elle n'est plus visible ; mais dans le mystère de la résurrection, cette gloire lui sera rendue. La vérité de son être sera à nouveau manifestée. Jésus demande aussi au Père qu'en nous-même il soit glorifié. Il souhaite que cette gloire soit manifestée en nous, que nous puissions rendre manifestes les dons que Dieu a mis en nous.
Si nous entendons cet évangile justement entre l'Ascension et la Pentecôte c'est que ceci à un sens. Nous sommes dans ce temps du cénacle, réunis pour prier, pour demander au Seigneur d'envoyer les dons de son Esprit Saint, pour que tout ce qui est bon en nous soit révélé ; ainsi toutes les dimensions de mon être, tout ce que je suis et qui vient de Dieu doit être manifesté. Cette manifestation se réalise grâce aux dons du Saint Esprit et en fonction de la disponibilité dont je fais preuve par l'exercice des vertus. La liberté demeure : j'ai la liberté de refuser les dons ; mais comment je manifeste ma liberté au Seigneur pour recevoir la plénitude des dons ? par les vertus. Ma liberté, je ne la manifeste pas intellectuellement ou seulement par la prière en disant : « Seigneur envoie-moi tes dons », ma liberté je la manifeste par mes actions, par l'exercice de ce qu'on appelle les vertus. Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'une vertu et d'un don en particulier : le don de conseil et la vertu de prudence. J'ai lu dans un merveilleux livre qui s'appelle « les sept voiles de mon bateau » de Marie-Dominique Poinsenet ce qu'elle disait sur le don de conseil. Elle prend l'exemple de saint Jean Bosco et nous fait comprendre comment le don de conseil s'est manifesté en lui.
(d'après : Les sept voiles de mon bateau, de Marie-Dominique Poinsenet, éditions DDB)
« Attention! » crie Jean. Un petit Jean, un grand saint que l'Église appellera St Jean Bosco ... Leste comme un écureuil, il saute sur la corde lisse qu'il a tendue très raide entre deux arbres du pré, à côté de la maisonnette de sa mère. Toute sa figure ronde à l'air de rire. Ses yeux bruns pétillent de malice. Ses cheveux noirs, frisés, voltigent sous les coups de vent. Sur la corde tendue où il tient parfaitement en équilibre, le garçon se trémousse, saute, voltige, danse. Autour de lui, on fait cercle: enfants et ... grandes personnes. C'est à qui sera le mieux placé pour voir - sans perdre un seul de ses mouvements - ce petit acrobate de dix ans. Le voici maintenant qui dans la prairie marche sur les mains, fait la roue, le poirier. Il jongle avec des oeufs qu'il a l'air de multiplier. Il s'élance vers les spectateurs et cueille, au bout de leur nez ... une pièce de monnaie. Il coiffe de son chapeau de feutre une baguette bien droite qu'il a coupée, hier, à quelque haie voisine. Les têtes se tendent pour mieux voir: c'est que baguette et chapeau exécutent, à présent, la plus cocasse des danses. De son coude, Jean les envoie sur son épaule, sur son menton, sur son nez, sur sa tête, et les rattrape au bout de son petit doigt. Les applaudissements éclatent: «Bravo! Jeannot. Bravo! Tu es merveilleux! » L'air décidé, le gamin se place alors bien en face de ses admirateurs. Son petit visage est devenu sérieux sans cesser d'être épanoui. Gravement, il trace sur lui un beau signe de croix, et commence à redire le sermon de Monsieur le Curé qu'il a écouté attentivement ce matin, à la grand-messe. Jean a une mémoire prodigieuse, et si le sermon n'est pas redit en entier, on peut être sûr du moins, qu'aucune erreur ne se sera glissée dans le discours de l'enfant. Ensuite il faudra que tous ces gens récitent avec lui un chapelet. C'est le prix de la place. Car les tours d'acrobate du petit garçon n'avaient pas d'autre but, finalement, que de retenir tous ces gens, et de lui permettre, à lui, petit paysan qui sait tout juste lire, de leur parler un peu de Dieu et de leur faire prier Notre-Dame. C'est que, depuis l'âge de neuf ans, Jean sait qu'il sera prêtre un jour, et qu'il devra surtout s'occuper des petits enfants. En fait, sa maman n'a pas d'argent pour payer son séminaire. Son papa est mort. Il ne sait vraiment pas comment cela pourra se faire. Il faudra sans doute qu'il attende très longtemps. Mais il n'a pas besoin d'attendre en tout cas, pour parler de Dieu à tous ceux de son village. C'est pour cela que le dimanche après-midi, il fait des tours d'acrobatie. Comment cependant un petit garçon de dix ans aurait-il trouvé tout seul cette idée-là ? Évidemment, c'est le Saint-Esprit qui lui a dicté ce moyen merveilleux de réunir autour de lui ses camarades et leurs parents. Par le don de Conseil, justement, l'Esprit Saint nous montre, tout au fond de notre âme, quels sont les meilleurs moyens que nous devons prendre pour arriver à notre but, c'est-à -dire au Ciel. Même quand notre intelligence, même quand la vertu de prudence ne sont pas suffisantes pour nous montrer le chemin qu'il faut prendre, juste à tel moment, le don de Conseil nous l'indique, à condition, que notre voile soit largement ouverte.
Le don de conseil est lié à la prudence et j'aime beaucoup cette histoire rapportée par Marie-Dominique Poinsenet parce qu'on imagine trop souvent que la prudence c'est de rester calfeutré chez soi. Comme les apôtres en ce moment parce qu'ils n'ont pas encore reçu le don de conseil.
La vertu de prudence c'est bien plus de se jeter à l'eau que de rester sur le bord. La vertu de prudence, c'est bien plus d'oser annoncer l'évangile, d'oser aimer que de se prémunir, de se protéger. Il ne faut pas confondre le don de conseil, la prudence avec le code de la route. L'exercice de la prudence me permet de savoir comment je peux à tel moment accomplir la volonté de Dieu, quel moyen je vais pouvoir utiliser pour pouvoir manifester dans ma vie et dans le monde, la gloire de Dieu. Pour cela j'ai besoin du don de conseil. Les vertus et les dons s'appellent les uns les autres et nous aident à être parfaitement nous-mêmes. Voilà un petit garçon de dix ans qui utilise tous les dons naturels que le Seigneur a mis en lui en vue d'une finalité. D'ailleurs la finalité c'est la sagesse qui nous l'indique, la sagesse qui est un don. Ainsi dans ce temps du Cénacle, nous sommes invités à développer en nous les vertus. C'est la meilleure façon d'appeler l'Esprit Saint pour qu'il ouvre notre cœur, pour que son souffle par les dons puisse nous faire avancer loin. La liberté, c'est de faire le bien. Grâce aux vertus, le bien est de plus en plus facile à faire parce que si je prends le catéchisme de l'Eglise catholique je lis que la vertu est une disposition à agir bien, c'est une habitude qui me permet d'agir de mieux en mieux. C'est comme l'opposé du vice. On connaît trop le vice et l'on découvre que lorsqu'on est pris par un vice, c'est très dur de s'en sortir. Plus j'agis de façon vicieuse moins ma liberté est engagée parce que je deviens dépendant, par exemple de la cigarette, de l'alcool, de la jalousie, de la rancune, du mensonge. Je deviens dépendant du mal parce que plus j'agis mal, plus je suis mauvais. Cela veut dire que pour la vertu plus j'agis bien plus je suis dépendant du bien plus j'agis bien et plus il m'est facile de bien agir parce que justement je prends l'habitude d'agir bien et donc cela devient comme naturel. La sainteté est naturelle et la chance que nous avons, c'est que les vertus se parlent l'une à l'autre ; quand je choisis une vertu toutes les autres sont informées et grandissent en même temps. Alors relisons la lecture de St Pierre, apôtre : « mes biens aimés puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez vous afin d'être dans la joie et l'allégresse quand sa gloire se révèlera ». Le plus difficile, c'est au début, c'est de prendre l'habitude de la vertu. Et pour bien prendre l'habitude de la vertu il suffit de poser des actes bons de façon régulière. Au début on peut souffrir un peu, notre orgueil, notre paresse, notre égoïsme peuvent en souffrir, mais une fois que j'ai pris l'habitude de la bonté alors je souffre de moins en moins parce que de plus en plus la gloire de Dieu se manifeste en moi, et je deviens bon. En ces jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte, prenons la ferme résolution d'agir bien. C'est le meilleur moyen de demander l'Esprit Saint, de dire à l'Esprit Saint : « je suis libre et je te le prouve en choisissant de mettre dans ma vie telle vertu. Je peux passer paisiblement d'une vertu à l'autre et ainsi devenir un Saint, tout naturellement, sans m'en rendre compte et presque sans faire d'effort puisque j'aurai pris l'habitude d'être conduit par l'Esprit de Dieu. N'ayons pas peur d'être nous-même, d'utiliser tous les dons que le Seigneur a mis dans notre cœur, n'ayons pas peur d'agir bien pour que le Seigneur puisse agir en nous de plus en plus car il est le bien suprême. AMEN Père Emmanuel Gobilliard Voici la liste des dons du Saint Esprit avec les vertus qui correspondent : Dons Vertus Intelligence Foi Science Espérance Sagesse Charité Conseil Prudence Piété Justice Force Force Crainte de Dieu Tempérance |
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