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homélie du dimanche 1 juin, prononcée par le père Emmanuel GobilliardNous avons entendu une lecture du livre du Deutéronome, très belle lecture que les juifs connaissent presque par cœur. « Les commandements que je vous donne, mettez les dans votre cœur, dans votre âme, attachez les à votre poignet comme un signe, fixez les comme une marque sur votre front ». Ceux qui sont allés en Israël voient que les juifs ont à cœur de porter sur leur corps la parole de Dieu avec les tefillim qu'on appelle les phylactères en grec , ce sont ces petites boîtes qui renferment la parole de Dieu qu'on met sur le front, sur le bras gauche, en lien avec le cœur. Ces tefillins nous rappellent que cette parole de Dieu doit imprégner toute notre vie et les paroles que les juifs mettent dans ces phylactères sont souvent les paroles du Deutéronome. En plus du fameux « shma Israél », il y a cette une partie de la lecture d'aujourd'hui. Soyons aussi dans la joie car nous pouvons entendre aujourd'hui ce psaume « soit le rocher qui m'abrite, la maison fortifiée qui me sauve, ma forteresse et mon roc c'est toi pour l'honneur de ton nom tu me guides et me conduit ». Oui soyons dans la joie si nous pouvons entendre ces paroles parce que nous avons un Père qui nous les dit, parce que nous pouvons avoir le choix, parce que nous savons ce qui est bien et mal. C'est la première action de grâce que nous devons faire. Il nous arrive de choisir la malédiction. Mais je rends grâce que le Seigneur me dise où se trouve le bien et le mal, que l'Eglise me le dise, que mes parents, que mon éducation me le disent parce que le malheur de la société actuelle surtout chez les jeunes c'est de ne plus savoir. Ils n'ont plus de parole qui leur indique un choix, ils n'ont plus de repères. Cette semaine, j'en ai rencontré plusieurs qui ont confirmé ce que j'avais vécu il y a une dizaine d'année comme aumônier de l'enseignement public : certains sont très tentés par des addictions, par la drogue, par l'alcool et ce qui me frappe beaucoup quand je discute avec eux c'est qu'aujourd'hui, contrairement à ce qui se passait il y a seulement quelques années, les jeunes ne boivent plus pour transgresser, ils boivent pour oublier ; pour oublier leur condition, ce qu'ils vivent. Ils ont des comportements addictifs qui sont des comportements anesthésiants et non plus transgressifs et c'est très grave. Cela veut dire qu'ils n'entendent plus une parole qui leur indiquerait : voici le bien, voici le mal. Elle était en manque de choix dans sa vie, tout lui était permis c'est pourquoi ses amis aimaient beaucoup ses parents, elle pouvait faire ce qu'elle voulait. Comment voulez-vous qu'un jeune de 15 ans puisse choisir entre le bien et le mal quand c'est son père qui va au supermarché pour lui acheter des bouteilles de vodka ?. Le cri que je pousse n'est pas contre vous car vous entendez cette parole de bénédiction, de malédiction et vous savez que si nous ne suivez pas le chemin que le Seigneur vous indique, vous êtes dans un état de péché mais je vous invite à transmettre cette parole, à être éducateurs dans notre société en rappelant à ceux qui vous entourent que l'on ne peut pas tout faire. Le choix s'impose à nous. Par ailleurs, je me pose aussi la question de cette phrase de Saint Paul « tous les hommes sont dominés par le péché » et j'ajouterais presque de manière un peu provocatrice : « Réjouissons nous car nous pouvons être pécheurs, nous pouvons faire le mal et j'ajoute à ma question : est ce que les jeunes qui n'ont aucun repère sont réellement pécheurs quand ils ne savent pas quoi choisir ? Quelle est leur responsabilité, quelle est la nôtre ? Je ne voudrais pas que cette homélie soit pessimiste mais j'ai commencé par une action de grâce, réjouissons nous parce que le Seigneur est présent comme un père, parce qu'il nous dit : « oui tu peux bâtir ta maison sur le roc ou sur le sable. Le roc c'est moi. » Alors si nous sommes éducateurs suivons l'exemple du Christ qui sur le discours de la montagne dans l'évangile d'aujourd'hui nous indique où est le bien et le mal et sont attitude est paternelle car il ne fait pas que nous indiquer l'exemple à suivre, il le vit, il porte en lui dans sa vie, dans son cœur, l'évangile, la bonne nouvelle, il nous indique que l'éducateur ce n'est pas seulement celui qui parle et qui dit « Seigneur, Seigneur », c'est celui qui vit, qui montre par sa vie où se trouve le bien, où se trouve le mal, qui montre par sa vie qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. En conclusion, je dirais que ce qu'attendent les jeunes ou les adultes qui n'ont pas de repères c'est que nous leur montrions où se trouvent les repères, surtout par notre vie, par nos choix et par la joie qu'ils suscitent. La vie chrétienne ce n'est pas de dire « Seigneur, Seigneur », c'est de se donner tout entier, alors nous serons heureux, pas seulement sacrifiés. Se donner tout entier c'est la voie du bonheur, de la bénédiction dès cette terre car nous verrons tous ceux qui nous entourent heureux à notre suite puisque que nous sommes à la suite du Christ. Demandons cette grâce au Seigneur de savoir discerner, de savoir choisir le bien et rendons lui grâce parce que nous avons le choix. Amen Père Emmanuel Gobilliard |
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