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homélie du dimanche 15 juin prononée par le Père Emmanuel Gobilliard



« Vous avez reçu gratuitement » arrêtons nous quelques instants sur ce passage de l'évangile. 


Dans de nombreuses civilisations qui n'ont pas notre superflu, nous sommes frappés par la joie qui s'y exprime.


Ils se réjouissent alors qu'ils n'ont pas notre superflu, ils n'ont même pas notre nécessaire. Apprenons de ces civilisations qui parfois se déploient dans les célébrations liturgiques, dans des grandes actions de grâce, dans de grandes processions aux offrandes magnifiques, apprenons de ces civilisations, le don de la joie et de l'action de grâce que nous oublions souvent.


Le Seigneur a éduqué son peuple à cette action de grâce d'abord en se donnant gratuitement. Le peuple d'Israël a tout reçu de Dieu : son salut, le pardon et jusqu'à sa nourriture. Le sens de ces bénédictions du peuple juif sur les personnes, sur la nourriture, sur les activités, c'est de nous rappeler que nous devons être dans la joie et dans l'action de grâce pour tous ce que nous avons reçu du Seigneur. Il nous donne tout. En premier lieu, la vie. Rendons lui grâce pour ce don de la vie que nous recevons gratuitement et en second lieu, pour le pardon.


Ce sont les deux grands dons de Dieu. D'ailleurs la mission du Christ, c'est de nous sauver du péché et de la mort par son pardon et par sa vie. Les deux grands dons de Dieu : la vie et le pardon. C'est le signe que Dieu se donne à nous gratuitement. L'apôtre Saint Paul nous le dit :  « la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».



Nous ne méritons rien. Dieu nous donne gratuitement tout. Nous ne méritons certainement pas la vie éternelle qu'il  nous offre. Il nous offre son éternité d'amour et nous ne méritons rien et surtout n'essayons pas de mériter puisque nous risquerions de compter sur nos propres forces. Seul le Christ a mérité pour nous. Alors l'action de grâce passe par la reconnaissance de ce don de Dieu et par l'ouverture de notre cœur à son pardon et à sa vie. 



Pour recevoir le don de Dieu, il suffit d'ouvrir son cœur.



C'est formidable à cette période où on passe le bac de savoir que nous méritons rien, nous sommes recalés sur toute la ligne et pourtant nous sommes admis dans la grande université, il faudrait dire la grande universalité, la communion de l'Eglise ; nous sommes admis dans la communion universelle, dans l'église catholique et universelle, nous sommes admis parce que Dieu le veut.


 Je voudrais m'arrêter sur la place du gloria dans notre liturgie. Il y a quelques mois déjà, nous avons médités sur le kyrie. La deuxième étape de notre parcours pour mieux comprendre le sens de la liturgie, c'est la grande action de grâce  du gloria. C'est toute notre vie que nous pouvons mettre dans cette partie de la liturgie. Avec le kyrie, nous sommes face à Dieu qui nous aime infiniment et nous nous découvrons tout petits, sans mérite, pécheurs, il nous offre son pardon : réjouissons nous. Offrons lui à notre tour, gratuitement toute notre vie. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.


Le gloria c'est rendre grâce pour  tout ce qui vient de Dieu et qui doit retourner à Dieu, tout ce que le Seigneur nous offre. Rendons lui grâce par toute notre vie, par l'offrande de notre vie et alors nous pouvons entrer dans le mystère de l'eucharistie qui est le mystère de l'offrande du Christ parmi nous,  et comme il nous donne tout, il nous donne aussi la joie de pouvoir nous donner.




Nous entrons dans l'eucharistie comme nous entrons dans la vie, dans cette vie éternelle qui est le salut que le Seigneur nous offre. Comme je le disais tout à l'heure : à l'examen d'entrée au paradis, nous avons été recaler mais rassurons nous les apôtres aussi.


Aujourd'hui dans l'évangile nous avons entendu la liste des apôtres, le signe à nouveau de l'amour de Dieu pour nous. Pierre, recalé : traître. Paul : assassin, recalé. Jacques et Jean : ambitieux, recalés. Simon Zélote, recalé. Mathieu, publicain, collaborateur cupide, recalé.      C'est notre espérance et notre joie de voir que les apôtres sont nos frères, ils sont admis par Jésus lui-même. Il nous aime pour ce que nous sommes et pas parce que nous avons faits ou pour ce que nous allons faire. Ce n'est pas une question de mérite et d'ailleurs dans cette liste des apôtres, je suis frappé de voir que lorsque l'on précise qui sont ces apôtres, la précision est de deux ordres : soit la précision familiale : fils de, frère de. Exemple : « fils de Zébédée », ou « André, son frère ». C'est le don de la vie qui est évoqué : la famille. Ou bien ils sont désignés par leurs péchés : publicains, zélotes, Judas Iscariote , celui qui le livra. L'autre don : le pardon.



Les apôtres sont définis par leur lien familial, don de la vie ou par leurs blessures et leurs péchés qui s'ouvrent au pardon du Seigneur. Même Judas est évoqué : le Seigneur lui offre son pardon dès le début et sa miséricorde et pourtant il sait. Il donne tout gratuitement au-delà de ce que nous pouvons faire ou de ce que nous avons fait. Cette grande action de grâce se manifeste aussi par l'action du Seigneur à notre égard. L'évangile souligne le fait qu'il est un berger. En effet, si l'évangile commence par : « Jésus, voyant les foules, eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger », c'est parce que le berger c'est lui.




J'aime cette image du berger, du berger va chercher la brebis perdue, une par une. Il nous aime comme nous sommes, il la prend, il la soigne, il lui racle le sabot pour la soigner. C'est le pardon. Il nous serre sur son cœur car il nous aime et nous ouvre à sa vie.




Acceptons de ne rien mériter, c'est déjà une première conversion. Acceptons de tout recevoir gratuitement de la part de Dieu, son amour, sa vie, son pardon mais n'oublions pas la mission attachée à cela : vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Amen





Père Emmanuel Gobilliard





  




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