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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Communiqué de Mgr Luc Ravel, évêque aux armées françaises

 (cf site :  Diocèse aux armées françaises  ) 

 

 

Une douleur énorme s’est emparée de mon cœur au petit matin de ce samedi 14 novembre 2015. Aujourd’hui un acte de guerre a crevé le cœur de Paris. Aujourd’hui la France est blessée comme jamais depuis cinquante ans.

Nos aumôniers militaires sont et seront là, auprès de tous, pour tous, mais surtout auprès de nos soldats mobilisés depuis des mois, auprès de nos pompiers de Paris, intervenus dans les minutes qui ont suivi les massacres, auprès des familles et des corps des victimes évacués dans nos hôpitaux militaires et civils. Nous serons sur tous les fronts pour aider, soulager, accompagner.

J’invite tous les hommes de foi à prier, seuls, avec quelques voisins, en assemblée, dans la mesure de la prudence. Submergé d’émotions mélangées de pleurs et de cris, l’homme de foi réagit par la solidarité et la prière. Prions pour que l’Esprit nous donne le discernement : que devons-nous faire ? Que doit faire le Chef de l’Etat ? Que doivent faire notre armée et nos forces de sécurité ?

J’ajouterai encore quelques remarques à chaud.

Une violence inouïe nous a frappés. Nous, c’est à dire nos enfants, nos parents, nos amis. Nous, c’est à dire nos valeurs, notre histoire, notre avenir. Nous, c’est à dire la France, notre nation, notre patrie derrière un même drapeau. C’est collectivement que nous sommes attaqués. C’est la nation qui est visée. Il s’agit donc bien d’une guerre. Impitoyable. Elle ne fait que commencer.

Que faire alors ?

Corrigeons nos façons de parler, corrigeons les autres, s’il en est besoin. Personne en France n’a plus le droit de penser ou de dire : que ce n’est qu’un « accident », terrible mais passager ; que par rapport à la Grande Guerre, c’est peu de morts ; qu’il ne faut rien exagérer ; qu’il est outrancier de parler de guerre ; qu’il ne s’agit que de personnes perturbées ; qu’un simple renforcement de sécurité suffit ; etc. J’ai entendu tout cela ces derniers mois depuis les attentats de janvier. Hier, c’était agaçant. Aujourd’hui, c’est insupportable.

J’ajoute que la peur fait partie de la guerre. Tout militaire le sait. Ne pas avoir peur est impossible. Mais canaliser sa peur pour en faire une force d’union est possible. C’est une autre façon de parler du courage et de la fraternité.

Enfin, rappelons-nous que la grandeur d’un peuple se mesure à sa résistance, à sa résilience. La France n’a pas fini d’étonner les autres nations. Serrons-nous les coudes sans mépris de l’adversaire, sans méfiance entre nous.

Le Dieu de la Paix est présent aussi et peut-être surtout dans la guerre.  Il sait faire sortir le meilleur du pire. Je lui confie le monde et la France.

+ Luc Ravel