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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Conférence du père Emmanuel Gobilliard aux guides unitaires de France

Rassemblement National de la branche ainée
Pèlerins du quotidien

La première chose que je voudrais vous dire c’est merci. J’imagine qu’on vous le dit souvent mais votre engagement au service du mouvement est une pierre précieuse sur la couronne de l’Eglise. Grâce à votre générosité, beaucoup de bien se fait. Des filles retrouvent le lien avec le Christ, le gout de la prière et du service humble, de la coopération et de l’amitié saine et constructive, de l’humilité aussi. J’ai aussi beaucoup reçu dans le scoutisme qui a forgé mon caractère et m’a montré qu’une vie réussie était toujours une vie donnée dans la joie. Ce don que vous faites de vous-mêmes aux autres est aussi un cadeau que vous vous faites et dont vous ne pourrez évaluer les fruits qu’au ciel. Rendez grâce aussi pour cela au Seigneur qui vous a permis de découvrir la loi guide comme une façon simple et concrète de vivre l’Evangile au quotidien. C’est justement le thème de ce qu’on m’a demandé de vous dire aujourd’hui : comment vivre l’Evangile au quotidien ? Comment témoigner du Christ dans la vie de tous les jours ? La réponse peut être simple et rapide. Elle tient en fait en un mot : aimer. Je vais quand même la développer. Vivre l’Evangile au quotidien, c’est répondre à l’appel universel de Jésus à la sainteté. Puisque nous sommes à la veille de la Toussaint et que nous sommes dans un sanctuaire marial, il me semble important de prendre Marie comme exemple de sainteté. La sainteté nous est donnée par Jésus le jour de notre baptême. Ce jour-là vous avez revêtu le Christ, prêtre prophète et roi. Pour être saint il vous faut donc être prêtre, prophète et roi. Pour vous y aider, voyons comment Marie a vécu cette triple mission.

Prêtre : il s’agit de savoir comment Marie a vécu son sacerdoce pour apprendre d’elle à le vivre. Elle s’offre elle-même et toute sa vie et toutes ses actions et elle le fait avec joie, sans qu’elle ait l’air de faire un sacrifice. On dirait que tout ce qu’elle fait lui fait plaisir. Ressembler à la Vierge Marie, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y parait. La Vierge Marie est simple, comme Dieu est simple. C’est nous qui sommes compliqués. Regardez-la dans l’Evangile. A Cana elle est attentive aux besoins des uns et des autres, tout simplement et elle laisse Jésus faire parce qu’elle a la foi. A Nazareth elle aimait surement sortir de chez elle et discuter avec ses copines du village. La différence avec nous, c’est qu’elle elle ne faisait que dire du bien, elle encourageait et soutenait, elle écoutait, et elle laissait Jésus enseigner et guider. Elle était patiente aussi et ne voulait pas tout obtenir tout de suite, sachant que son Fils passerait et achèverait sa modeste préparation des cœurs. Pour ressembler à la Vierge Marie, soyons joyeux et bienveillants, pacifiques et aimants. Soyons bons de la bonté même de Dieu, et doux. Ayons une foi solide et pour cela cultivons l’humilité, l’humilité de croire que c’est Jésus qui nous transforme de l’intérieur, que c’est lui qui sauve, mais pas sans nous. Toutes les qualités que je viens d’énumérer. Amour, joie paix, patience, bonté bienveillance, humilité, foi et auquel on ajoute la maitrise de soi, ce sont les qualités de Marie. Saint Paul les appelle tout naturellement les fruits de l’Esprit, en galates, 5, 22.

Comment Marie a-t-elle été prophète ? En écoutant ! Surprise ! Le prophète est habituellement celui qui parle, qui annonce, qui proclame. Ici elle est celle qui écoute. Effectivement il est plus difficile et parfois beaucoup plus efficace d’écouter que de parler. Ecoute Israël ! Dieu aussi, on ne l’entend pas beaucoup. C’est un prophète du silence, de l’humilité, de la douceur dans un monde de la force, de la puissante, du verbiage. Il y a du bruit partout, des paroles… et la Parole, le Verbe se tait. Il écoute et il aime. Cette dimension est vraiment importante pour vous. Vous aimeriez témoigner de Jésus, aller sur les plages et dans les lieux touristique mais surtout dans un cadre bien choisi et finalement un peu confortable. Par exemple à la route chantante, puisque j’ai la joie d’en être aumônier. C’est un groupe formidable qui fait beaucoup de bien, mais c’est d’abord un lieu où l’on reçoit, où on vient puiser des forces pour mieux vivre le quotidien. Ce serait pareil dans une communauté nouvelle où, certes il me faudra faire un effort sur soi-même pour aller, à l’occasion d’une évangélisation de rues, à la rencontre de personnes qui seront peut-être hostiles, mais je le fais, entouré de personnes qui me ressemblent, qui pensent comme moi et bien vite je peux me réconforter auprès d’elles pour me rassurer. Il est beaucoup plus difficile de témoigner au lycée et aux études, ou sur le lieu de travail. Quoi qu’il en soit, témoigner du Christ, ce n’est pas cela. Même sur votre lieu d’études. On ne vous demande pas de proclamer haut et fort que vous êtes catholique. Vous n’aurez témoigné de rien du tout. Peut-être aurez-vous affirmé une identité, une appartenance. Mais témoigner du Christ, ce n’est pas cela. En fait, pour tout vous dire, vous ne pouvez pas encore témoigner vraiment du Christ parce que vous n’avez pas encore donné votre vie. Et tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné. Soyez patiente. A votre âge, alors que vous n’avez pas encore choisi votre vocation, le témoignage il est humble, pauvre, et surtout silence. C’est d’abord comme cela que vous êtes appelées à être prophètes. Votre mission, la première et celle qui réclame toute votre énergie, elle est simple ! Tout faire pour découvrir par où passera pour vous, la voix du plus grand amour. Quelle est votre vocation, l’appel que Jésus vous adresse ? Quand vous l’aurez entendu, vous saurez où vous pourrez vous donner totalement. Donc votre mission aujourd’hui, c’est de vous préparer humblement à cette grande mission. Comment ? En vous donnant à la mesure de ce que vous pouvez déjà donner. Par le scoutisme par exemple, mais surtout en faisant votre devoir d’état, tout simplement. Vous avez le grand désir d’être médecin, travaillez pour l’être. Quand vous serez médecin  vous pourrez sauver des vies. Vous voulez faire de la politique. C’est un engagement courageux. Travaillez pour cela et vous pourrez ensuite changer le monde. Mais votre vocation est encore plus grande que cela, elle est de tout donner, dans le mariage pour la plupart, dans la vie religieuse pour certaines. Dans une vocation mal calibrée pour d’autres. Une vocation hors cadre que je veux évoquer quand même parce que beaucoup sont concernées malgré tout. Et même les vocations « officielles » ont leur lot de difficultés et d’hésitation. La question est : comment faire coïncider vos grandes et belles aspirations avec la réalité, le prince charmant auquel vous rêvez et ce pauvre type que vous allez épouser et que vous aimerez mieux et plus solidement justement parce qu’il est pauvre et que vous l’êtes aussi. Quoi qu’il arrive Dieu nous appelle à quelque chose de grand, d’unique même si ce n’est pas sous la forme de la vocation rêvée. Claire de Castelbajac est tombée amoureuse d’un garçon, mais pas lui. Elle aurait aimé entrer dans la vie religieuse mais elle n’a pas été appelée. Mère Térésa est entrée dans la vie religieuse mais cela a été un échec ; elle a dû en sortir et vivre une vocation mal définie dans les rues de Calcutta. Elle a troqué son bel habit religieux contre le sari du tout-venant, son confortable couvent contre la rue, la rassurante règle religieuse contre sa conscience. C’est là que le Seigneur la voulait pour une œuvre qui a dépassé toutes ses espérances. C’est dans l’obéissance que Dieu nous appelle, l’obéissance à sa parole qui nous libère. L’obéissance pour vous c’est quoi ? C’est peut-être de prendre le métro le matin pour aller à la fac et le vélo le weekend pour être au service des guides. Ce n’est probablement pas de faire le tour du monde, ni peut être de servir les autres de manière idéale en Afrique. Les pauvres nous entourent ! L’obéissance est quelque chose de pauvre, d’humble, de quotidien et souvent de pas très exaltant mais de vraiment sanctifiant. La famille parfaite n’existe pas, la vocation rêvée restera dans vos rêves, le prince charmant, souvent sent des pieds et la cistercienne, derrière son bel habit noir et blanc, est aussi une pècheresse, orgueilleuse et égoïste et qui avec courage a choisi de se convertir pour mieux aimer jour après jour. Le prophète, c’est celui qui s’engage aujourd’hui à aimer. Dire « demain je serai saint ! » n’a aucun sens. Jésus vous demande d’aimer avec vos faiblesses et vos péchés, vos imperfections et vos lâchetés, parce que c’est comme cela que vous aimerez en vérité, parce que c’est comme cela que vous êtes. Des êtres finis qui regardent l’infini, des pauvres qui puisent leur richesse dans le cœur de Dieu, des pécheurs qui trouve leur joie dans le seul Saint ! A propos de la vocation, j'aimerais dissiper quelques malentendus. Il y a une grande vocation universelle surnaturelle, la vocation à la sainteté. Il y a une grande vocation universelle naturelle : le mariage. Et oui, nous sommes tous appelés au mariage. C'est inscrit dans notre coeur comme dans notre corps, dans notre désir d'aimer comme dans ce cadeau de Dieu qu'est la sexualité. Je précise cela pour celles qui pensent avoir une vocation consacrée mais qui se disent qu'en même temps elles sont très attirées par le mariage. C'est normal, sain, et plutôt bon signe. Pour poursuivre sur la définition des différentes vocations, il faut ajouter qu'il y a plusieurs vocation particulière. En fait il y a en a une par personne. Pour celles qui vont réaliser leur vocation au mariage de façon particulière, cette "particularité" s'appelle Paul ou Pierre, Tanguy, Amaury, Théophile ou Hippolyte. Cette vocation particulière prendra le visage de celui que vous aurez choisi. Et c'est bien vous qui le choisissez, ce n'est pas Dieu ! Il y a quelque chose de pas très juste dans le fait de dire que c'est Dieu qui va le choisir pour vous. Non c'est bien vous qui le choisissez. Dieu vous fait confiance et il vous donne tous les moyens nécessaires pour choisir celui avec lequel vous pourrez construire de grandes choses. Il vous donne sa parole et l'aide de l'Eglise, votre conscience et des gens formidable, dont votre famille et vos amis pour vous aider. Il vous donne le bon sens aussi. Il y a également une vocation particulière surnaturelle, c'est la vocation consacrée, dans le célibat et qui prendra le visage de telle ou telle communauté. Enfin il y a aussi les vocations "hors cadre" mais j'en ai déjà parlé. Nous sommes tous appelés à réaliser de grandes choses dans le quotidien, à nous donner dans la joie, à être des saints, même si nous n'avons pas choisi notre vocation. D'ailleurs nous ne choisissons pas vraiment nos vies, nous les recevons comme un cadeau et un défi. Et nous pouvons choisir, oui, avec tout ce que nous avons reçu, d'en faire un témoignage fantastique de sainteté, comme l'ont fait les époux Martin, et leur fille, et Benoit Labre, et saint Philippe Néri, Chiara Luce, Claire et tant d'autres, de manière unique parce qu'ils sont uniques aux yeux de Dieu comme chacune d'entre vous et que finalement leur vocation est unique.

 

Comment Marie est-elle Reine ? Nous sommes tous en effet appelé à être prêtres, prophètes et rois. Le roi c’est celui qui est libre par excellence. Mais de quelle liberté ? Dans cette cathédrale, un grand homme s’est mis à genou. Il portait la relique de la couronne d’épine. Il était roi. C’était saint Louis, qui ôtait sa couronne trop humaine pour apprendre jour après jour à revêtir celle du seul roi, et voici ce qu’il a dit à son Fils : « Cher Fils je t’enseigne que tu aies le cœur compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considéreras comme souffrants ou de cœur ou de corps ; et selon ton pouvoir soulage les volontiers ou de soutien moral ou d’aumônes »

Le roi, c’est d’abord celui qui est libre par rapport à lui-même, qui contrôle sa vie avant de contrôler celle des autres. La voilà la vraie liberté, la liberté par rapport à soi-même. La vie de Marie était parfaitement unifiée. Elle était libre. Elle n’était pas envahie par ses passions, par ses désirs et par son moi envahissant. Tournée vers les autres, elle s’oubliait elle-même pour aimer. Etre le roi de sa propre vie, c’est être capable d’être libre en vue d’aimer. Oui, pour aimer il faut être libre. Pour mieux l’aimer et pour mieux aimer vos frères, Jésus vous veux libres. On ne peut pas aimer sans être libre. La preuve ? Je ne peux forcer personne à m’aimer. Plus je  forcerai l’autre à m’aimer, moins il m’aimera ! C’est la beauté fragile de l’amour qui échappe à tout enfermement.

Soyez assoiffées de liberté mais de la grande liberté, de la belle, de la vraie liberté, celle qui vous permettra de vivre et d’aimer au-delà même de vos espérances les plus folles. Je ne parle pas de cette liberté mesquine qu’exaltent trop souvent notre monde égoïste et qu’on appelle liberté d’indifférence parce que selon elle, je suis d’autant plus libre que rien ne m’affecte. Peut-être croyez-vous que la liberté, c’est n’être influencé par personne, c’est se détacher de son milieu, de sa famille, de sa foi ? La liberté d’indifférence c’est une liberté où je peux faire ce que je veux, quand je veux, comme je veux. Cette liberté, elle est le rêve mortifère des adolescents qui ne savent pas grandir. Mais cette liberté-là, elle pose un gros problème. Si je suis d’autant plus libre que je ne suis touché par rien, influencé par personne, alors plus je suis libre, moins je suis capable de d’aimer. Alors je vous le dis vous aurez à choisir entre une liberté facile et parfois enivrante mais qui vous empêchera d’aimer ou une autre liberté, plus exigeante mais plus grande. Parce qu’aimer, c’est être influencé par quelqu’un ! Demandez à un garçon amoureux s’il n’est pas influencé par la fille qu’il aime ? Un geste d’elle, un sourire, une parole, peuvent changer sa vie et il est prêt à faire de gros sacrifices, seulement pour pouvoir croiser son regard. Si vous aimez en vérité, l’autre aura une influence sur vous, une très grande influence, et tant mieux parce que vous deviendrez meilleure et vous serez capable de faire de grandes choses. Non la liberté ce n’est pas se replier sur soi-même et ne faire que ce qu’on veut. Vous êtes dans l’âge ou vous devenez libres, libres de faire ce que vous aurez choisi. La voilà la deuxième liberté, qu’on appelle liberté de choix. Pour me faire comprendre, je vais prendre un exemple très simple. Qui parmi vous est libre de jouer les danses hongroise de Brahms à la clarinette ? Personne ? Oh il y a en a bien l’une ou l’autre parmi vous qui en est capable. J’en suis capable parce que j’ai fait le conservatoire, que j’ai passé des heures à apprendre le solfège, à aligner des gammes. J’ai finalement, grâce à l’orchestre du Puy, reçu la partition et je l’ai travaillée et encore travaillée. Vous croyez peut être, à avoir trop vu la star academy qu’on nait avec des dons, qu’on y peut rien, que le bon Dieu nous les a donnés et qu’on n’a plus qu’à en profiter ? Et bien c’est faux. Les dons, cela se travaille, cela se fait fructifier. J’irai même plus loin. Les dons, il faut aller les chercher. Ce que le bon Dieu a mis en nous, c’est la capacité à les chercher et les ayant trouvés, à les vouloir, c’est-à-dire à prendre tous les moyens nécessaires pour qu’ils deviennent des dons. Il en faut du travail pour devenir un bon chanteur, et même pour devenir un bon médecin, une bonne journaliste. Une bonne mère aussi. La chose la plus difficile à obtenir, ce n’est pas le diplôme d’HEC ou le concours d’institutrice. La chose la plus difficile à obtenir, celle qui fera de vous des femmes libres, c’est la capacité à aimer. Le but de toute vie, c’est cela : apprendre à aimer, parce que cela s’apprend. Pour cela je dois être libre vis-à-vis de moi-même et de mes petits désirs, et de mes choix égoïstes, et de mes perspectives mesquines. Pour être libre je dois apprendre à être aimé, à m’aimer puis à aimer les autres comme moi-même, c’est-à-dire les préférer et me donner. Et cela passe par les petits gestes du quotidien. Cela passe par un sourire, un service à rendre, une lettre à écrire, un devoir de maths à faire, ou une gamme à travailler. Etre libre c’est être dépendant d’un plus grand que soi. Si vous êtes dépendant de l’alcool, ou de facebook, ou de votre apparence, ou même de votre travail, ou de votre bien-être, vous êtes esclaves et le pire c’est que vous êtes esclaves en croyant être libres, de cette liberté d’indifférence dont je viens de parler. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui l’ignore. Même lorsque vous êtes dépendant de vous-mêmes vous êtes esclaves. Vous commencez à être libre lorsque vous êtes à l’écoute de l’autre, de ses besoins, de l’autre que vous aimez et à qui vous donnez votre vie. Vous êtes vraiment libre, lorsque vous aimez vraiment celui qui vous aime, l’Autre et qui sais ce qui est bon pour vous. Finalement le seul qui nous rend libre, c’est Jésus !

Je vous ai donné la théorie, maintenant entrons un peu dans le concret :

Si être libre c’est choisir de dépendre de celui qui nous donne la vie, alors vous devez avoir un contact régulier et intime avec lui dans la prière. Choisissez de vivre quotidiennement un petit temps d’oraison, 10 minutes pour commencer, mais dans un lieu choisi, beau, et facilement accessible. Finalement, le lieu le plus adapté, ce sera une église. Elles sont faites pour cela. Choisissez une église qui se trouve sur votre trajet domicile travail, ou pas trop loin et rajoutez un quart d’heure à votre trajet, si possible votre trajet retour, parce qu’à l’aller, comme vous êtes souvent en retard, vous aurez tendance à raccourcir votre temps de prière. Là commencez par lire l’Evangile du jour ou un autre passage de l’Ecriture, court si possible. Regardez votre montre et commencez à parler à Jésus comme on parle à un ami. Confiez d’abord les autres et leurs difficultés, les personnes que vous avez rencontrées, celles que vous n’aimez pas assez, confiez lui vos difficultés et vos souffrances, demandez-lui pardon de ne pas assez l’aimez, remerciez le pour ce qu’il est plus que pour ce qu’il vous donne, dites-lui merci, et surtout dites-lui que vous l’aimez. Ça lui fera plaisir.  Regardez votre montre et si cela fait 10 minutes faites un beau signe de croix et rentrez chez vous, même si vous avez très envie de rester. La force de l’oraison, c’est sa régularité. Vous avez décidé de faire 10 minutes, faites 10 minutes, pas plus parce que sinon, le lendemain, lorsque vous aurez beaucoup moins envie, vous vous direz « hier j’ai fait 15 minutes donc aujourd’hui je peux n’en faire que 5 », et ce genre de réflexion, c’est le début de la fin ! Voilà pour la prière qui est la première priorité, et qui, vous en conviendrez, vous laisse quand même pas mal de temps dans la journée.

L’autre priorité, c’est donc votre devoir d’état, les études pour la plupart. Je ne m’étends pas mais l’alerte doit sonner dans votre tête lorsque le temps que vous passez sur facebook ou à téléphoner à vos copines, ou à vous détendre, dépassera votre temps de travail personnel. Se détendre, c’est bien mais ce n’est pas le but de votre vie, sinon vous n’avancerez pas beaucoup.

Lorsque vous aurez mis en place ces deux piliers, organisez votre pilier « service », pour la plupart c’est le scoutisme, puis votre pilier « famille », c’est-à-dire le temps que vous passerez en famille, à prendre des nouvelles des uns et des autres, à écouter votre petit frère, à téléphoner à votre mère, à écrire à votre grand père ou à aller à l’anniversaire de la cousine. Entretenez aussi l’amitié, la vraie, celle qui vous fait grandir. Préparez vos weekends entre copines, pour ne pas trop subir la loi de l’activité de la dernière seconde, mal préparée et qui vous décevra.

Lorsque vous aurez fait tout cela, je vous assure que vous aurez témoigné du Christ de manière extraordinaire. Mais pour y arriver, je vous conseille d’avoir un père spirituel, Sinon vous risquez de vous obéir à vous-mêmes plutôt qu’à Dieu, et vous risquez de trop en faire, ou pas assez, cela dépend.

La caractéristique de la vie mariale, c’est qu’elle est équilibrée, qu’elle nous fait grandir avec douceur, qu’elle nous fait progresser sans que nous nous en rendions compte. Elle est le vrai témoignage et elle s’appelle aussi la sainteté au quotidien. Bon courage !

Père Emmanuel Gobilliard

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