Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
Navigation

méditations du chemin de croix par le père Emmanuel Gobilliard

Introduction : Aujourd’hui nous sommes invités avec les chrétiens du monde entier à parcourir avec Notre Seigneur le chemin de la Croix. En cette année du jubilé, en ce jour du 25 mars, notre méditation revêt une importance particulière. Je vous propose de la vivre avec Marie. Depuis le jour de l’Annonciation jusqu’à ce jour de la passion, depuis les moments les plus joyeux jusqu’à cette épreuve du calvaire, Elle est la figure de l’Eglise, la Vierge fidèle et humblement présente. Elle est celle qui nous accompagne comme elle a accompagné Jésus pour que notre vie soit une vivante offrande à la louange de sa gloire. Présentons donc au Seigneur, avec Marie, nos vies, nos souffrances et nos espérances, les vies, les souffrances et les espérances de nos frères et sœurs qui en ont le plus besoin, et rendons grâce au Seigneur pour le don ineffable qu’il nous fait en nous donnant sa vie. Avançons sur ce chemin comme nous devons avancer dans la vie : sans crainte, dans la confiance parce que jamais le Seigneur ne nous abandonnera

 

Chemin de croix. Médiations du père Emmanuel Gobilliard pour le vendredi saint 25 mars 2016 à 20h30 dans les rues de la vieille ville

 

1ère Station

Jésus est condamné à mort

« Pilate dit aux juifs : « Voici l’homme ! » Dès qu’ils le virent, les grands prêtres et les gardes crièrent : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! ». Pilate, ayant pris peur, fit amener Jésus dehors et s’assit à son tribunal. Pilate dit alors : « Voici votre roi ! » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons d’autre roi que César ! ». Alors, il le leur livra pour être crucifié. »

 

Jn 19, 4-16

 

 

 

Il m’arrive d’être témoin de l’injustice et de la haine. Mais je me tais. Il m’arrive d’entendre des jugements hâtifs ou même des calomnies, mais je ne réagis pas et je laisse condamner des innocents. Il m’arrive même d’être à l’origine de ces calomnies. Alors mes frères sont condamnés à la honte, à la vindicte populaire, au mépris, ou simplement à l’indifférence, parce que je n’ai pas eu le courage de réagir, de m’interposer pour que la justice soit victorieuse. Je suis complice lorsque je me tais. Seigneur, donne-moi la force de te défendre en tous ceux qui sont injustement condamnés ou jugés, en tout ceux qui sont meurtris par ma faute ou par la faute de membres de l’Eglise. Donne-moi aussi le courage de t’aimer…et de le montrer.

 

 

 

Deuxième station

 

 

 

Jésus est chargé de sa croix

 

 

 

« Après s’être moqué de Jésus, ils lui ôtèrent le vêtement de pourpre, lui remirent ses vêtements et l’emmenèrent pour le crucifier. »

 

Mt 27,31

 

 

 

Seigneur, toi seul connais le poids de ma croix, de ma souffrance, parce que tu la portes avec moi, parce que tu la portes pour moi ! Tu as porté sur tes épaules le poids de la souffrance, de la haine, de l’orgueil, du mensonge, de l’égoïsme, de la jalousie, tu as porté mon péché, mes doutes et mes désespoirs, mes refus d’aimer et de pardonner, mes refus de me laisser aimer et de me laisser réconcilier avec toi. Tu portes ce que je ne saurais porter tout seul et tu m’invites, pour alléger ma croix, pour soulager ma souffrance, à porter, avec toi, celle des autres. Aide-moi à partager ma croix avec toi, aide-moi à porter celle des autres.

 

 

 

Troisième station

 

 

 

Jésus tombe pour la première fois

 

 

 

« Seigneur, entends ma prière : dans ta fidélité, écoute mes appels et réponds-moi ! L’ennemi cherche ma perte. Je tends les mains vers toi. Vite, réponds-moi Seigneur : je suis à bout de souffle !

 

Fais que j’entende au matin ton amour, car je compte sur toi. Ton souffle est bienfaisant, qu’il me guide en un pays de plaines. »

 

Ps 143 (142), 1-10

 

 

 

Seigneur tu es tombé ! Toi, le Seigneur et le Maître, toi, le Fils du Dieu vivant, tu es tombé. Souvent, par orgueil, je refuse de tomber, et ma chute n’en est que plus cruelle ; souvent, par fierté, je refuse que les autres me voient tomber et j’entretiens le mensonge sur mes propres qualités, sur mes capacités. Devant la foule, tu es tombé. Apprends-moi à tomber devant mes frères. Ils sauront me relever. Apprends-moi à faire confiance, surtout lorsque je suis perdu. Tu sauras me redonner l’Espérance, celle qui ne déçoit pas, celle qui n’abandonne jamais, celle qui tient sa force de l’amour partagé, celle qui a sa source en toi. Tu as revêtu ma faiblesse, parce que je ne sais pas être faible. Dans le fond, je ne sais pas être aimé, être aidé. Je refuse la moindre humiliation. Tu as choisi d’être humilié pour m’apprendre l’humilité, pour m’apprendre à avoir besoin, besoin des autres, besoin de toi. Seigneur, tu es tombé pour m’apprendre à tomber, mais tu me relèves en te relevant et tu me donnes la force de poursuivre ma route, avec toi. Merci Seigneur.

 

 

 

Quatrième station

 

 

 

Jésus rencontre sa mère

 

 

 

« Voici la servante du Seigneur » Lc, 1, 38

 

 

 

« Or, près de la croix de Jésus se tenait Marie, sa mère. Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. »

 

Jn 19, 25-27

 

 

 

« Quand à Marie, elle gardait tous ces évènements et les méditait dans son cœur. »

 

Lc 2, 51

 

 

 

A l’Annonciation, Marie a dit « oui ». Oui à la volonté de Dieu, oui à toutes ces joies intenses qu’elle a vécues auprès de Jésus, seule ou avec Joseph, ou avec les disciples. Elle a dit oui aussi à la souffrance qu’elle vit aujourd’hui auprès de Jésus mais sans Joseph et sans les disciples, sauf Jean et contre ces gens qui n’ont rien compris et qu’elle aime malgré tout, et à qui elle pardonne, et dont je fais partie. Marie a choisi de souffrir en choisissant d’aimer, parce que, dans ce monde, nous ne pouvons pas aimer sans souffrir, sans porter la souffrance de ceux que nous aimons. Marie nous aime aussi… jusque-là. Jésus sait qu’elle là, impuissante à le délivrer de la croix mais si puissante dans sa faiblesse, dans son humilité, dans sa douceur et dans sa discrétion, dans sa présence surtout ! Même lorsque nous ne la voyons pas, Marie, est là, discrète, parce qu’elle est notre mère. Marie, Mère de l’Espérance, Mère de la foi, Mère de la Charité, donne-moi d’aimer comme toi, de croire comme toi, d’espérer comme toi !

 

 

 

Cinquième station

 

 

 

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

 

 

 

« Comme ils emmenaient Jésus, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus. »

 

Lc 23, 26

 

 

 

Merci Simon, tu me rappelles que mes actions de charité ont une grande valeur, même lorsque je ne les ai pas totalement choisies, lorsque j’y ai été poussé. Seigneur, tu sais que je rechigne à servir, à me mettre en route avec toi. Les circonstances, mon éducation, les autres, mais aussi ma fierté et parfois ta seule parole me décident à agir. Je ne suis pas parfait, je ne suis ni vraiment saint ni vraiment démon, je ne suis ni froid, ni chaud. Pardonne ma tiédeur, Seigneur, mais surtout aide-moi à ne pas abandonner, à ne pas renoncer. Purifie mes intentions mais accueille mes actions, même lorsqu’elles ne sont pas toujours parfaitement pures. Seul toi peut les purifier, par ta douce présence, seul toi peut leur donner une fécondité, seul toi peut leur donner une valeur d’éternité. Grâce à toi, Seigneur, chacun de mes petits actes de charité prennent leur valeur, parce que grâce à toi, Seigneur, l’amour ne passera jamais. 

 

 

 

Sixième station

 

 

 

Véronique essuie le visage de Jésus

 

 

 

« Des multitudes avaient été saisies d’éprouvante à la vue de mon serviteur, car il n’avait plus visage d’homme, son apparence n’était plus celle d’un homme ; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous aurait séduits ; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, habitué de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous ne nous intéressions pas à lui. »

 

Is 52, 13-53, 3

 

 

 

« Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. »

 

Mt 25, 40

 

 

 

Véronique a dépassé les apparences, elle n’a pas été rebutée par ton visage déformé, par tes blessures et tes cris de douleurs. Elle n’a pas attendu d’être poussée pour agir, mais librement elle s’est approchée de l’amour meurtri, de l’amour bafoué. Merci Seigneur pour toutes ces femmes qui savent dépasser les apparences et se dépasser elles-mêmes pour servir, pour soulager la souffrance et ne pas se détourner. Apprends-moi, comme elles, à me laisser toucher par ceux qui n’ont plus visage humain, par ceux qui sont défigurés, par les pauvres qui frappent à ma porte, et par ceux qui n’ont plus la force d’appeler. Apprends-moi à te reconnaître en eux ; imprime, en mon cœur, ton visage lorsque j’essuie par amour, ceux des autres. Tu m’as fait à ton image, Seigneur, pour que je sache aimer, pour que je sache reconnaître cette image en toute personne, pour que je sache ne jamais brader une dignité que tu nous as acquise en étant défiguré. Pardon pour ceux que je défigure par mon mépris ou mon indifférence, pardon pour tous ceux qui sont défigurés dans l’indifférence générale parce qu’on ne leur reconnait plus aucune dignité.

 

 

 

 

 

Septième station

 

 

 

Jésus tombe pour la deuxième fois

 

 

 

« À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Luc, 18, 9-14

 

 

 

Et si cette deuxième chute de Jésus était pour me rappeler cette parabole, et si Jésus était tombé pour la deuxième fois, parce que je n’avais pas su me reconnaître pécheur, parce que j’avais voulu paraître, briller aux yeux des hommes, parce que j’avais recherché les honneurs. Oui, trop souvent, j’abaisse les autres pour mieux me mettre en valeur, je les utilise pour ma gloire en faisant mine de les considérer. Je les manipule. L’humilité, c’est de reconnaître, ô Seigneur, que tout le bien que je pourrais faire vient de toi, l’unique Bien, que je ne suis rien sans toi, que tu es celui qui est venu nous guérir, à condition que nous reconnaissions que nous sommes malades, que tu es venu nous sauver, à condition que nous exprimions le désir d’être sauvé par toi, le seul Sauveur, toi qui as dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » Jn, 14, 6

 

 

 

Huitième station

 

 

 

Jésus et les femmes de Jérusalem

 

 

 

« Le peuple, en grande foule, suivait Jésus, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Mais, se retournant, vers elles, Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » »

 

Lc 23, 27-28

 

 

 

Souvent nous nous trompons de charité, nous exerçons une charité de condescendance, qui abaisse et qui réduit l’autre à n’être qu’un mendiant ou qu’un pauvre sur lequel nous nous penchons. Considérons-le d’abord comme un être humain, et même, dirait saint Paul, considérons le comme « supérieur à nous-même » ! Il a tant à nous apprendre, il a tant aussi à nous donner. Donnons à tous les pauvres qui nous entourent, et dont nous faisons partie, d’une certaine manière, la joie d’aimer, la joie de donner et de se donner. Le pape François nous l’a répété dans sa lettre apostolique sur la joie de l’Evangile : « La pire discrimination dont souffrent les pauvres est le manque d’attention spirituelle » (Evangelii Gaudium n°200). Jésus ne veut pas que nous pleurions sur lui, il ne veut pas de notre pitié. Il veut que nous l’aimions, comme nous devons aimer tous les pauvres qui nous entourent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Neuvième station

 

 

 

Jésus tombe pour la troisième fois

 

 

 

« Jésus dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » A nouveau, pour la deuxième fois, il s’en va prier. Il les trouve à nouveau en train de dormir. Il s’en va de nouveau prier une troisième fois, répétant les mêmes paroles. Mt 26, 40-44

 

« De nouveau (pour la troisième fois), Pierre le nia en faisant ce serment : « Je ne connais pas cet homme. » » Mt 26, 72

 

« Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis ». Jn 21, 17

 

 

 

Trois fois, Jésus nous invite à veiller et à prier, alors que nous sommes endormis, endormis par notre péché, par notre manque de vie spirituelle ; trois fois, comme Pierre nous renions, par lâcheté ; trois fois il nous redit son amour. Trois fois Jésus tombe à notre place pour nous relever avec lui. Le disciple n’est pas celui qui ne tombe jamais mais celui qui se relève toujours, ou plutôt qui se laisse relever par Jésus qui nous redit à chaque fois combien il nous aime. Il nous aime et malgré notre faiblesse il nous fait confiance, il nous confie la vie : il nous confie une mission, il nous confie le salut de nos frères. N’ayons pas peur de l’amour infini de Jésus. Quel que soit notre péché, fixons notre regard sur lui, laissons-nous aimer. Comme le père de la parabole de l’enfant prodigue, Jésus nous attend, inlassablement, pour nous serrer dans ses bras, pour nous offrir un pardon qui nous rétablit dans notre dignité de fils et de filles de Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

Dixième station

 

 

 

Jésus est dépouillé de ses vêtements

 

 

 

« Les soldats prirent ses vêtements et firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique. Cette tunique était sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas ; ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, mais tirons plutôt au sort celui qui l’aura. »

 

Ainsi s’accomplissait l’Ecriture : « Ils se sont partagés mes habits, ils ont tiré au sort mon vêtement. » Voilà ce que firent les soldats. »

 

Jn 19, 23-24

 

 

 

Jésus est mis à nu. Les soldats pensent l’humilier à nouveau alors qu’ils offrent au monde la plus belle image de l’humanité. Ce n’est pas dans les magazines de mode que l’être humain est beau, c’est lorsqu’il se donne. Notre corps est beau lorsqu’il se donne, lorsqu’il se donne totalement. Lorsqu’il donne son cœur, son temps, sa volonté, sa fidélité… par le corps, concrètement ; alors l’être humain donne la vie. A la croix, nu, flagellé, ensanglanté, Jésus nous révèle comme jamais la beauté du corps humain. Le saint pape Jean Paul II nous l’a rappelé dans sa catéchèse du 20 février 1980 : « Le corps en effet, et seulement lui, est capable de rendre visible ce qui est invisible : le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible ». En Jésus, rien n’est caché, rien n’est égoïstement gardé. Tout est donné. Il se donne à nous dans son corps à chaque Eucharistie : « Le Corps du Christ. »

 

 

 

 

 

 

 

Onzième station

 

 

 

Jésus est cloué sur la croix

 

 

 

« Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils l’y crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l’un à l’autre et l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » »

 

Lc 23, 33-34

 

 

 

Les deux malfaiteurs qui sont crucifiés à tes côtés, Seigneur, c’est chacun d’entre nous. Nous sommes tous crucifiés par la souffrance, par nos propres souffrances, par notre péché. Puissions-nous aussi être crucifiés par la souffrance de nos frères. Ayons le cœur assez tendre pour qu’il ressemble à celui du bon larron, pour qu’il soit broyé lorsque l’humanité est défigurée dans la personne des plus petits. Avec lui, prions pour les prisonniers et les malades, pour les personnes handicapées, les personnes âgées, les personnes seules, les enfants à naître, et les orphelins, prions pour ceux dont l’amour est trahi, prions pour les mourants. Mais considérons aussi l’autre larron et prions pour les bourreaux, ceux qui sont indifférents à la souffrance des autres, ceux qui traitent les êtres humains comme des objets, ceux qui humilient et se détournent, ceux qui manquent de courage pour défendre la vie et la dignité de la personne. Prions pour tous ceux qui ne savent pas ce qu’ils font. Même s’ils ne le savent pas, ils sont enfants de Dieu, appelés à la vie et au pardon. Pour eux, pour nous, Jésus a tout donné. Il a donné sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

Douzième station

 

 

 

Jésus meurt sur la croix

 

 

 

« Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

 

Après tout ceci, sachant que désormais tout était achevé, pour que l’Ecriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit : « J’ai soif. » Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli » et, inclinant la tête, il remit l’esprit. »

 

Jn 19, 28-30

 

 

 

Au pied de la croix, Marie nous est donnée pour mère. Elle n’a cessé d’être mère : avec Jésus d’abord dont elle est fait grandir l’humanité. Elle lui a appris tout ce qu’une mère doit apprendre à son Fils. Aujourd’hui, Jésus lui-même lui demande de poursuivre cette mission auprès de chacun d’entre nous. Le jubilé nous fait passer de l’Annonciation à la Croix pour nous apprendre à aimer comme Jésus, pour nous apprendre à mettre nos pas dans ceux de Jésus, pour nous apprendre à donner notre vie. Le premier pas que nous pouvons vivre aujourd’hui c’est, tout simplement de recevoir Marie et de marcher avec elle pour qu’elle nous apprenne ce qu’elle a appris à son Fils, pour qu’elle nous tienne la main et oriente notre regard vers Lui qui est mort pour nous. En étant notre Mère, Marie ne cesse de nous donner Jésus. Sachons le recevoir et dire avec Elle : Il s’est penché sur son humble servante, désormais toutes les générations me diront bienheureuse »

 

 

 

 

 

Treizième station

 

 

 

Jésus est descendu de la croix

 

 

 

« Pour éviter que les corps ne restent sur la croix durant le sabbat, les Juifs demandèrent à Pilate qu’on leur brisât les jambes et qu’on enlevât les corps. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes. Arrivés à Jésus, ils le trouvèrent mort ; ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau.

 

Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, demanda à Pilate l’autorisation d’enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc l’enlever. »

 

Jn 19, 31-38

 

 

 

C’est de la blessure du cœur de Jésus que jaillit l’Eglise, que jaillit la vie. N’ayons pas peur de nos blessures, ne les enfouissons pas, mais tournons-les vers la blessure du cœur de Jésus, pour qu’en lui elles prennent leur sens. C’est dans ses blessures que nous sommes guéris, que notre vie trouve son sens. Confions au Seigneur toutes les blessures de notre humanité qui crie sa souffrance. Prions pour ceux qui désespèrent ceux pour qui la mort n’a aucun sens, ceux qui ne connaissent pas la joie de la foi, la joie profonde du cœur qui sait que même dans le scandale de la mort, l’amour de Dieu ne nous abandonne pas. Confions au Seigneur tous les défunts pour qu’il leur ouvre les portes de sa vie comme il nous ouvre ici-bas la porte de son cœur, la porte de sa miséricorde.

 

 

 

Quatorzième station

 

 

 

Jésus est mis au tombeau

 

 

 

« Ils prirent le corps de Jésus et l’entourèrent de bandelettes avec les aromates. A l’endroit où il avait été crucifié, il y avait un jardin et dans ce jardin un tombeau neuf où personne n’avait encore été mis. Comme le tombeau était tout proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. »

 

Jn 19, 40-42

 

 

 

Aide-moi maintenant ô Vierge Marie à entrer dans le silence, le silence de la contemplation, le silence de l’accueil, le silence de la foi. Aide-moi à entrer dans le silence pour que je sache entendre mes frères et leurs cris, que je sache reconnaître le Seigneur qui vient à ma rencontre et qui me dira bientôt : « N’aie pas peur, c’est moi, je suis là avec toi, jusqu’à la fin des temps. »