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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Dieu est amour, tout simplement

Homélie du père Emmanuel Gobilliard pour le dimanche de la sainte Famille

Le deuxième lecture, frères et sœurs, est une très belle lecture qui nous dit toute la beauté de Dieu, toute la chance que nous avons de croire, et la raison fondamentale pour laquelle il y a tant d’incroyants. La lecture commence par un cri de joie : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père ! » Oui nous avons une chance inouïe d’avoir un tel Dieu d’amour, qui ne cesse de nous aimer, qui nous envoie son Fils pour nous montrer qu’il est prêt à tout pour que nous soyons heureux. Savez-vous, les enfants, quelle est la plus grande joie de Dieu ? Sa plus grande joie, ce n’est pas que nous soyons sages, que nous travaillions bien à l’école. Ce n’est pas que nous soyons serviables ou obéissants. La plus grande joie de Dieu, c’est que nous soyons heureux. Quand nous sommes malheureux, Dieu est triste ! Et quels sont les moments de votre vie, où vous êtes les plus heureux. Est-ce que c’est lorsque vous recevez des cadeaux ? Beaucoup se disent « oui c’est lorsque nous recevons des cadeaux que nous sommes heureux » ! mais ils confondent être heureux et être contents. Quand vous serez plus grands, vous risquerez peut-être de confondre « être heureux et être excités » ! Je vais vous dire quand vous êtes vraiment heureux. Vous êtes vraiment heureux quand vous êtes aimés, et quels sont ceux qui vous aiment le plus ? Ce sont vos parents, qui sont prêts à tout pour vous. Ils travaillent pour vous, ils souffrent pour vous, ils vous serrent dans leur bras pour vous montrer qu’ils vous aiment. Ils sont même prêts à vous gronder, tellement ils vous aiment. C’est parce qu’ils vous aiment qu’ils vous grondent parfois. Ils veulent juste que vous soyez heureux, que vous puissiez avoir un beau métier, que vous puissiez être libres, que vous puissiez, vous aussi, apprendre à aimer. Et ce n’est pas facile d’apprendre à aimer, d’apprendre à penser aux autres avant de penser à soi. Ils vous apprennent aussi à prier pour que vous sachiez que même lorsque vous croyez que personne ne vous aime, vous sachiez qu’il y a quelqu’un qui vous aimera toujours, c’est notre Père des cieux. Et saint Jean nous le dit : « voyez comme il est grand l’amour du Père ». Il nous aime tellement qu’il nous accueille comme ses enfants. Le plus beau cadeau qu’il puisse nous faire, c’est d’être notre Père. Pour nous montrer qu’il est notre Père, il nous envoie son Fils, Jésus pour qu’il soit notre grand frère. En général on est tous contents d’avoir un grand frère. Moi, je n’ai pas de grand frère, alors mes parents m’ont appris que j’avais un grand frère qui est toujours à mes côtés, même quand je ne le vois pas. Il s’appelle Jésus.

La suite du texte nous dit que beaucoup de gens ne peuvent pas comprendre cela parce qu’ils n’ont pas reconnu Dieu. S’ils comprenaient que Dieu est leur père bien aimé, que Jésus est leur grand frère qui leur apprend à aimer, ils seraient contents de croire en Dieu. Mais ils ont une fausse image de Dieu, et cela, c’est terrible. Ils croient que Dieu est très loin, alors qu’il est tout proche. Ils croient que Dieu est très sévère, alors qu’il est très doux, ils croient que Dieu va tout faire à leur place, alors que Dieu, comme un Père, les éduque patiemment pour qu’ils soient capables de construire leur vie eux-mêmes. Il y en a même qui ne croient pas vraiment en Dieu, mais qui viennent prier juste avant de passer un examen, alors qu’ils n’ont pas travaillé, pour avoir leur examen. Dieu n’est pas un magicien non plus. Il y en a aussi qui s’imaginent que Dieu est comme un marionnettiste, qui manipule les hommes ou qu’il est un tyran. Saint Jean nous dit : ils ne peuvent pas aimer Dieu, parce qu’ils ne le connaissent pas ; ils ont une fausse image de lui. Quelle est la vraie image de Dieu ? C’est Jésus ! Jésus aujourd’hui, dans l’Evangile, il a 12 ans ! L’image que Dieu veut nous donner de lui-même, aujourd’hui, c’est l’image d’un enfant de 12. Et en plus, un enfant de 12 ans qui fait l’admiration des docteurs de la loi, c’est-à-dire des grands professeurs de l’époque. Dieu n’est pas un tyran, un marionnettiste ou un magicien. Dieu est un enfant de 12 ans qui écoute. Quand on lit trop vite le texte, on se dit : « tiens ! Jésus enseigne parmi les docteurs de la loi ! » Et bien c’est faux ! Jésus n’enseigne pas ! Il écoute. Notre Dieu est un Dieu qui écoute, qui nous écoute, qui s’intéresse à ce que nous disons lorsque nous lui parlons, qui s’intéresse à notre vie, quand nous la lui confions. Il n’est pas indifférent à ce que nous vivons. Ensuite, lorsqu’il nous a écoutés, il nous pose des questions. C’était probablement de très bonnes questions, parce que les docteurs de la loi sont très étonnés par la qualité des questions. Nous pouvons imaginer le type de questions que Jésus aurait pu poser. Comment fait-on pour imaginer cela ? Et bien nous allons un peu plus loin dans l’Evangile et nous voyons que Jésus pose des questions aux apôtres. Il leur demande par exemple « pour vous qui suis-je ? » C’est exactement la question que je vous pose depuis le début de cette homélie : avons-nous une vraie image de Dieu ? Pour nous qui est Jésus, qui est Dieu ? Ailleurs Jésus pose une autre question : « Qui est le plus grand ? » pour répondre à cette question, il nous dit, à un endroit de l’Evangile, que le plus grand c’est celui qui sert ses frères. Le plus puissant, c’est celui qui aime en vérité. A un autre endroit de l’Evangile, alors que les apôtres demandent à Jésus : « qui donc est le plus grand ? » il leur présente un enfant leur dit : « Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » Oui les enfants, Jésus vous ressemble. Dieu nous dit : soyez comme les enfants ! Ne vous inventez pas des faux dieux, sinon vous ne comprendrez jamais rien à Dieu. Pour comprendre qui est Dieu, il faut être comme un enfant, parce qu’un enfant, il sait qu’il ne peut rien faire sans l’amour de son père, sans l’amour de sa mère. Il sait l’enfant que Dieu n’est pas une idée lointaine qui l’empêche d’être libre. Ils sont bizarres les adultes parfois ! S’ils étaient comme les enfants, ils comprendraient que Dieu est un père qui les aime et dont le seul bonheur est qu’ils soient heureux, tout simplement. Ils sont compliqués les adultes ! Ils cherchent un responsable à leurs malheurs, ils cherchent des explications tarabiscotées pour comprendre le sens de la vie, alors que Dieu est simple, alors que Dieu est amour, tout simplement.