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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Homélie pour la fête de saint Vosy, premier évêque du diocèse du Puy-en-Velay prononcée par Mgr Crepy

A la suite des apôtres…
le 12/11/17

Les 20 et 21 octobre derniers, un Colloque au Puy pour le 500ème  anniversaire de la Réforme a réuni l’Eglise catholique, l’Eglise réformée de France et d’autres Eglises comme les Eglises baptiste et évangélique. Nous avons parlé de notre foi commune. Puis une des questions posée aux participants au cours d’une table-ronde a été : « Qu’est-ce qui caractérise chaque Eglise ? » Après avoir écouté chacun des participants, ma réponse a été : « Pour les catholiques, c’est l’attachement à la succession apostolique c’est-à-dire la place éminente des apôtres et de leurs successeurs aujourd’hui dans la naissance, la vie et la croissance de l’Eglise. »  Saint Vosy, que nous fêtons, a été le premier évêque du Puy - et nous en sommes au 106ème – et nous aimons rappeler la longue lignée des successeurs des apôtres que sont les évêques du Puy, en communion avec le successeur de l’apôtre Pierre, le pape.   Rappelons que les apôtres – bien des disciples –, appelés par le Christ, partagent les trois années de sa vie publique, accueillent son enseignement et sont témoins de sa mort de de sa résurrection. Jésus les envoie en mission pour annoncer l’Evangile. A la Pentecôte, ils reçoivent l’Esprit Saint et partent dans le monde entier annoncer la Bonne Nouvelle et fonder des communautés. Puis les apôtres transmettent à d’autres – les évêques –  la responsabilité de poursuivre leur ministère auprès des Eglises. Ainsi chaque évêque est successeur des apôtres, rappelant sur quelles fondations l’Eglise est posée : « Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. » (Ep 2, 20)

 

Si la succession apostolique ancre l’Eglise dans le temps et dans l’histoire de l’humanité, elle n’est pas seulement d’ordre chronologique, elle est l’expression de la fidélité du Christ lui-même, du Christ Bon Pasteur qui cherche sans cesse à prendre soin de son troupeau et qui veille sur l’Eglise dont il est l’Epoux. Si nous fêtons saint Vosy – et les saints évêques du Puy – nous fêtons d’abord le Christ ressuscité qui, sans cesse envoie, à la suite des apôtres, des pasteurs pour rassembler et guider le peuple de Dieu.

 

La première lecture nous montre le Bon Pasteur, comme celui qui veille sur le troupeau, rassemble les brebis égarées, les fait reposer sur de belles prairies, les fait paître dans de gras pâturages. Le Christ reprend pour lui cette image si simple et ordinaire en son temps et la transmet à ses apôtres. Ainsi il demande au premier d’entre eux – Pierre – qui l’a trahi par trois fois, d’être le berger de son troupeau (cf. Jn 21,15-19). Dans ce grand dynamisme de la succession apostolique, les successeurs des apôtres sont appelés à leur tour à être ces bons pasteurs qui font paître le peuple de Dieu.

 

Cette fidélité au Christ Bon Pasteur se traduit aussi dans la transmission au monde du commandement de Jésus : « Mon commandement le voici : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »  (Jn 15, 12).  C’est ce commandement nouveau que les apôtres et les disciples ont reçu ; c’est ce commandement nouveau qu’ils ont transmis et transmettent aujourd’hui ; c’est ce commandement nouveau que nous sommes appelés à transmettre car l’Eglise est apostolique c’est-à-dire envoyée par le Christ pour annoncer ce commandement de l’amour. Les apôtres et leurs successeurs sont là pour rappeler à tous les baptisés qu’ils sont envoyés pour annoncer dans notre monde – parfois si rude et si difficile – la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Dans le Christ, tous « vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l’Esprit Saint, la demeure de Dieu. »  (Ep 2, 22)

 

Paul précise : « toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. » (Ep 2, 21) Cette construction harmonieuse de l’Eglise, sur laquelle veillent les évêques, s’exprime dans la charité et la communion, mais aussi dans la beauté et la force de la liturgie à travers les chants et la musique. C’est ce qu’il est bon de rappeler aujourd’hui, en cet anniversaire des vingt années du Centre de Musique Sacrée.  Œuvrer à la beauté et la qualité de la vie liturgique, c’est œuvrer à la construction harmonieuse de notre Eglise et de nos communautés.