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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Homélie prononcée par le père Olvier Mabille, Solennité des saints évêques du Puy

le Dimanche 15 novembre 2015

Dans le beau sillon de la solennité de la Toussaint, 15 jours après, le calendrier liturgique diocésain nous invite à célébrer de manière aussi solennelle les saints évêques du Puy auxquels nous devons d’être, ce matin, ici rassemblés. Ce jour nous appelle à être fier de notre histoire, de nos racines, de notre Eglise locale, Eglise du Puy, puisque Dieu s’y montre, hier et aujourd’hui dans ses saints. Nous sommes fiers de les renommer : Vosy, Aurèle, Suacre, Scutaire, Armentaire, Bénigne, Faustin, Georges, Marcellin, Agrève, Eudes ! Nous le vivons cette année dans ce contexte inattendu, particulier, grave, bouleversant des attentats qui ont défiguré la France, meurtri des familles entières, et insécurise notre vie quotidienne. S’il est sans doute légitime que la peur puisse nous traverser, qu’elle soit moins une puissance anesthésiante qu’un ressort d’énergie, celui de la foi qui transportait jadis nos saints évêques pour l’annonce de l’Evangile pour donner à notre monde un surcroit d’humanité dont il besoin plus que jamais.

 

Cette commémoration n’est pas seulement un regard de fierté jeté sur notre passé. Les saints ne sont pas seulement derrière nous, mais devant nous. Ils nous ouvrent encore et toujours la marche de notre histoire contemporaine. Certes, ils ont reçu l’impérissable couronne de gloire ; certes, avec les chœurs célestes, « ils contemplent la face de Dieu et n’interrompent jamais leur louange » (Préface de la 4ème. Prière eucharistique), certes ils sont « comme la splendeur du firmament » selon le livre de Daniel ; cependant dans un même mouvement, ils nous regardent, ils nous appellent à la même fidélité qui est d’aimer Dieu et notre prochain dans l’humilité de la vie quotidienne par l’accomplissement des œuvres de miséricorde. Nous sommes les fruits de leur évangélisation, nous sommes les bénéficiaires de leur martyr et nous voulons poursuivre la route à lumière de l’exemple qu’ils nous ont donné. Parce que le ferment de l’Evangile féconde toujours l’humanité de manière diachronique, c’est-à-dire à travers toute l’histoire, et synchronique, c’est-à-dire à travers ce temps qui est le nôtre, aujourd’hui, sur la terre entière, l’exemple des saints évêques du Puy est toujours d’actualité. Alors, à quoi nous appellent-ils ?

 

A renouveler l’évangélisation de notre monde en commençant par le Puy : souvenons-nous de saint - Georges, revenant de Rome : il évangélisait tout au long du parcours avec son compagnon saint Front. Comme dans l’Evangile, les disciples sont envoyés par deux (Luc 10) l’évangélisation est une mission collégiale, un travail d’équipe : « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra comme mes disciples. » En préparation du Jubilé, c’est bien ainsi que chaque paroisse vivra un temps missionnaire. Confions ce temps de mission à l’intercession de nos saints évêques.

 

A un grand amour de Marie : Le pape Léon IX a dit au XIe siècle, que « nulle part ailleurs la Vierge Marie n’est aimée d’un amour aussi cordial qu’au Puy-Sainte-Marie. » Dès les origines, saint Vozy, premier évêque du Puy, en établissant son siège près du lieu où Marie était apparue, a donné pour toujours à notre diocèse une empreinte mariale profonde. Le pape François nous a donné une prière à la Vierge Marie, étoile de la nouvelle évangélisation. Avec lui, avec nos saints évêques nous lui disons ici-même : « Ô Marie, obtiens-nous maintenant une nouvelle ardeur de ressuscités pour porter à tous l’Evangile de la vie qui triomphe de la mort. Donne nous la sainte audace de chercher de nouvelles voies pour que parvienne à tous le don de la beauté qui ne se ternit pas. »

 

A un grand amour de l’Eucharistie, nous ne pouvons pas oublier que nos saints pasteurs furent les gardiens fidèles des mystères en les célébrant dans la liturgie, en les vivant par toute leur vie.

 

A une mise en œuvre de la charité : nous pensons à l’hôtel Dieu, fondé par saint Bénigne mais aussi à la présence soutenue aujourd’hui comme hier, de nombreux chrétiens dans les œuvres caritatives dans la ville et le diocèse. Nous pensons particulièrement à la nouvelle commission diocésaine de la solidarité : dans la dynamique de Diakonia 2013 ; Mgr Crepy vient d’en promulguer son renouvellement.

 

Au lien fraternel : les noms de ces évêques se transmettent de générations en générations. Ce n’est possible que en raison d’un lien de charité pastorale très fort établi entre ces saints pasteurs et leurs fidèles, ce que le Concile appelle la charité pastorale, qui unit le pasteur à ses fidèles car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Si parmi nos saints évêques aucun n’a été martyr, à l’exception peut-être de saint Agrève, ils ont donné leur vie fidèlement jour après jour. Et comment ne pas y associer notre cher Mgr Henri Brincard au lendemain du 1er anniversaire de sa mort, que dis-je, de son encièlement. Comme le dit la lettre aux Hébreux, le Christ « par son unique offrande a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’Il sanctifie. » (10, 14)

 

Mais rien n’est jamais acquis : nous ne le savons que trop bien avec ce que nous venons de vivre ! En nous replongeant dans les sources vives de notre baptême, le nôtre et celui de notre diocèse, nous y venons puiser de nouvelles raisons d’espérer, pour mieux annoncer le Christ, notre espérance. Nos saints évêques ont laissé l’Esprit - Saint façonner leurs actions et leurs fidèles pour qu’une nouvelle moisson de saints se lève ici dans le Velay, un beau champ de fleurs de sainteté variées et de toutes les époques. Il ne tient qu’à nous de les rejoindre en répondant, à l’approche du Jubilé, aux appels de notre évêque Mgr Luc Crepy, pour annoncer de manière toujours renouvelée le même Evangile. L’Esprit-Saint nous donnera les saints d’aujourd’hui dont notre diocèse a besoin à condition de le laisser agir en nous. Nos saints évêques sont là pour nous guider et pour intercéder pour nous dans cette refondation permanente de l’Eglise, de notre « être chrétien » comme prêtre, diacre, religieux, époux, à chacun selon son appel.

 

Nous sommes des héritiers : héritiers de Dieu que nous admirons dans ses saints.

La liturgie diocésaine de la liturgie des heures nous propose ce passage de la lettre aux Romains :

« Comment invoquer le Seigneur sans avoir d'abord cru en lui ?

Comment croire en lui sans avoir entendu sa parole ?

Comment entendre sa parole si personne ne l'a proclamée ?

Comment proclamer sans être envoyé ? 

C'est ce que dit l'Écriture : Comme il est beau de voir courir

les messagers de la Bonne Nouvelle ! »

Alors, qui parmi vous annoncera Jésus-Christ aujourd’hui et demain comme autrefois ? Et ceci en étant prêtre demain : les jeunes, on compte sur vous pour la relève ! Mais aussi en étant témoin joyeux du Seigneur : les familles, et vous tous, on compte sur vous pour la relève ! « Jusqu’au jour où le Christ enverra ses anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde » avec tous les saints du ciel. (Ev. Du jour)

Le Jubilé nous en offre une belle occasion : c’est dans 130 jours ! Qu’on se le dise !

 

Dans un instant, en traversant notre assemblée, des servants vont apporter le pain et le vin pour le sacrifice eucharistique : c’est un moment important pour tous. Servants de l’autel, jeunes de la maîtrise, et  vous tous aussi, frères et sœurs, que le Seigneur appelle à vous offrir pour le Jubilé, je vous encourage à ajouter cette prière instante à l’offrande du pain et du vin, comme tant de saints, dont nos saints évêques du Puy, l’ont exprimée en leur temps :

 

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

Et…si Dieu venait à vous répondre, « suis-moi », vous direz avec Marie, Notre Dame du Puy :

« Je suis la Servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta parole. »

Alors, nos saints évêques du Puy n’auront pas annoncé l’évangile en vain.

Amen !