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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Jésus veut vous apprendre à devenir des amis sur lesquels il peut compter

Homélie du père Roland BRESSON le 7 février 2016

remise de leurs aubes aux nouveaux maîtrisiens

Il y a quinze jours, les servants d'autel de notre cathédrale recevaient leurs nouveaux cordons, signes de leur progression. Il y a huit jours, c'était le tour de nouvelles servantes de la liturgie d'entrer en "fonction" ou de recevoir de nouveaux insignes de leur progression à elles aussi. Aujourd'hui, 13 maîtrisiens en cours de deuxième année reçoivent pour la première fois leur aube de petits chanteurs. Soyons bien conscients, enfants, jeunes, et tous vos parents et les fidèles qui nous retrouvons ici à ND du Puy, qu'il ne s'agit pas là que d'un jeu, même si il y a une part de jeu, comme dans toute chose sérieuse pour un enfant.

         On raconte que des parents ont dit un jour à leur curé, au sortir de la messe des familles : "Merci bien, Monsieur le curé. Avec vos dames, vous les avez bien occupé, qu'est-ce qu'on était content de les voir, là devant l'autel...". Chers parents, notamment aujourd'hui, vous : parents de maîtrisiens, nous n'allons pas vous exposer gentiment vos chers enfants, bien parés pour la parade... ou les occuper... comme pour passer le temps...

         Si nous entourons d'attention les enfants et les jeunes les faisant prendre part à la vie liturgique de notre sanctuaire, c'est qu'il y a là un enjeu, un " en – jeu " important : celui d'une école maîtrisienne, d'une école du service de l'autel, d'une école de la liturgie, de la prière, de la foi, de la charité...

         Et ne pensons pas, nous les adultes, et à plus forte raison vous les maîtrisiens de vieille date et de même servants et servantes, ne pensez pas que l'aube ou l'apprentissage, c'est important à un moment et puis plus après. Nous sommes tous à l'école. Nous devons tous rester en école de prière, en appren-tissage de l'art de célébrer. Tous, nous devons apprendre à nous donner comme Jésus qui se donne à nous sur la croix par la messe. Nous le devons : sous peine de devenir des mou-lins à prière, même enivrés des parfums de liturgies splendides.

         Le grand Saint Benoît, le père de tous les moines d'Occident, qui vivait il y a 1600 ans, appelle le monastère une " école de Dieu ". Il dit cela dans le prologue de la règle qu'observent aujourd'hui des milliers de moines et et de moniales dans le monde entier : C'est pourquoi nous voulons organiser une école pour apprendre à servir le Seigneur.

         Or, dans l'école de Dieu : il y a l'aube. Elle dit qui nous sommes et quel est le programme des apprentissages.

         Ces enfants et ces jeunes sont revêtus d'aubes, de formes variées mais qui toutes dérivent du simple vêtement blanc, aube blanche pour les diacres, les prêtres, les évêques, robe blanche que nous portons tous le jour de notre baptême.

         C'est la tenue de ceux que la vie éternelle de Jésus vient envelopper tout entiers. Le programme que nous présente  notre vêtement blanc : c'est la ressemblance au Seigneur Jésus : de devenir saints. Ce qui va bien avec la sainteté, c'est un vêtement de fête et de joie, vêtement de prière, une tenue pour participer à l'offrande que Jésus fait de son Corps à la Messe : "pour la gloire de Dieu et le salut du monde". Ceux qui ne sont pas baptisés ou qui sont en train de préparer leur baptême revêtent l'aube d'une façon un peu anticipée ou bien par extension parce que ce vêtement est aussi le signe que tous, nous sommes appelés à former le peuple rassemblé par le Christ transfiguré et ressuscité.

         On dit souvent que l'aube blanche représente la pureté. Voyez comment le prophète Isaïe, a connu son école de sainteté et de pureté. Il a d'abord entendu le chant des anges au cours d'une liturgie extraordinaire :  Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.

         Et puis ensuite, ce pauvre petit prophète s'est écrié :  Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » Il fait donc sa confession.

         Et enfin le Seigneur l'a purifié :  L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. ». Ceci est une annonce du sacrement du baptême et du sacrement de la confession qui répare notre baptême.

 

         Saint Benoît avait déjà tout dit. Il explique dans sa règle ce qui se passera dans son école pour apprendre à servir le Seigneur.. Comme c'est actuel :

         Dans cette école, nous l'espérons, nous n'imposerons rien de dur, rien de pénible. (Ouf !... mais :) Pourtant, il y aura peut-être des choses un peu plus difficiles pour des raisons justes. En effet, il faut bien corriger les défauts et garder l'amour entre les frères.

         Eh oui, il ne s'agit pas d'occuper les enfants à la messe, de les montrer seulement bien jolis à leurs parents, bien que ce soit important aussi. Il s'agit; avec vous, parents, de " corriger les défauts et de garder l'amour entre les frères ".

         Nous avons tous des défauts : regardez Isaïe... et le grand apôtre Pierre : face à Jésus qui vient d'accomplir une formidable pêche miraculeuse avec son propre filet, Pierre tombe au fond de sa barque et il dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés.

         Dans l'école du Seigneur, nous devons tous sans cesse apprendre l'humilité (grand apprentissage, selon S. Benoît) : reconnaître nos manques, combattre nos défauts et faire grandir nos qualités, apprendre et apprendre encore...

         Mais pourquoi le service de l'autel, le chant dans la Liturgie seraient-ils un bon apprentissage des choses de Dieu,

         Parce que dans la liturgie on peut fréquenter le Maître le plus doux et le plus exigent à la fois. Chers amis, Jésus, qui ne vous demande jamais rien dont il ne vous donne pas d'abord l'exemple, lui qui a voulu apprendre le métier de charpentier, veut vous apprendre à devenir des amis sur lesquels il peut compter, sur lesquels tous peuvent compter. Il veut vous apprendre à chanter juste dans vos relations avec les autres. Il veut nous apprendre à aimer le travail bien fait, le chant bien chanté pour être digne de confiance. Il veut vous apprendre à rechercher la beauté, pour l'offrir en cadeau aux autres. Il veut vous apprendre à payer de votre temps et de votre vie pour apprendre à donner votre vie plus tard : à votre futur mari, à votre future femme, à vos enfants, au Seigneur aussi, et même au Seigneur tout entier, si il vous y appelle pour toujours.

         Pourquoi le service maîtrisien d'apprenti chanteur de la sainte liturgie est-il si important ici ? Pour imiter Marie. Cherchez bien : Marie a plus passé de temps dans l'évangile à chanter le Magnificat qu'à dire quoi que ce soit d'autre.

         Pourquoi le service maîtrisien d'apprenti artiste est-il si important ici ? Parce qu'après le martyre et la sainteté, la beauté est le plus beau témoignage qu'on puisse rendre à Dieu. Servants et servantes, c'est valable aussi pour vous.

         Pourquoi la musique est-elle un chemin privilégié pour se mettre à l'école du Seigneur ? Parce que les plus belles musiques sont nées de la foi. Et le chanteur, par son chant, peut remonter lui-aussi et aider les autres à remonter jusqu'à la source de la beauté et de la sainteté : c'est à dire à Jésus.  Amen.

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