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"La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne " Pape François

Homélie du père Olivier MABILLE le 6 mars 2016 - 4ème dimanche de Carême

« Laetare », « réjouissez-vous » : ainsi s’ouvre ce 4ème dimanche de Carême : « laetare », 1er mot de l’introït. Etes-vous heureux frères et sœurs, êtes-vous dans la joie ? Pourquoi le serions-nous ?

- Parce que nous sommes au cœur de l’année de la miséricorde ! Et que Dieu ne cesse de nous offrir son infinie tendresse.

- Parce que nous approchons des fêtes pascales ! Et que Dieu ne cesse de nous offrir sa puissance de vie et d’amour.

- Parce que nous approchons de l’ouverture de l’année jubilaire du Puy ! Et que l’Eglise, en sa grande bonté, ne cesse de nous offrir de nouveaux chemins de conversion et de raisons de jubiler. C’est dans 17 jours : qu’on se le dise ! C’est-à-dire plus que 397 heures à partir de cette heure pour nous y préparer dans tous les domaines à commencer par la prière et la conversion du cœur.

 

Plus bibliquement, l’introït tiré du prophète Isaïe nous donnait les raisons de notre jubilation :

« Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle… vous serez nourris et rassasiés de l’abondance de sa joie ». Oui, nourris et rassasiés de l’abondance de sa joie. Alors pourquoi nous plaindre, pourquoi avoir peur, pourquoi être inquiet de l’avenir ? La sinistrose est un péché grave ! « Ne nous laissons pas voler la joie de l’Evangile » nous écrivait François dans son encyclique.

 

En ce temps de Carême et d’appel à la conversion, en cette année sainte de la miséricorde, à l’approche du jubilé diocésain, nous est offerte la plénitude du pardon dont la parabole du fils prodigue nous en livre le secret. Dans sa bulle d’indiction du jubilé, François rappelle que « face à la gravité du péché, Dieu répond par la plénitude du pardon. La miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’amour de Dieu qui pardonne ».

 

Saint-Luc a placé au chapitre 15 de son évangile les 3 paraboles de la miséricorde. En raison des murmures des pharisiens et des scribes, Jésus leur répond avec la pédagogie des paraboles. Alors qu’ils disaient : « cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux », Jésus leur dit cette parabole.

Dans les paraboles de la miséricorde, Jésus révèle la nature de Dieu comme celle d’un Père qui ne s’avoue jamais vaincu jusqu’à ce qu’il ait absous le péché et vaincu le refus, par la compassion et la miséricorde. Nous connaissons ces paraboles : celle de la brebis égarée, celle de la pièce de monnaie perdue, et celle du père et des deux fils (cf. Lc 15, 1-32). Dans ces paraboles, Dieu est toujours présenté comme rempli de joie, surtout quand il pardonne. Nous y trouvons le noyau de l’Evangile et de notre foi, car la miséricorde y est présentée comme la force victorieuse de tout, qui remplit le cœur d’amour, et qui console en pardonnant. »

Les trois paraboles s’achèvent, vous le savez, s’achève par une invitation à la joie :

- Le deux premières par une conclusion semblable : « C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y a de la joie chez les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui se convertit. »

- La 3ème dans la finale de l’évangile de ce dimanche : c’est le Père lui-même qui invite le fils aîné, englué dans la jalousie et la suffisance : « Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »

Ah, mes amis, en ces temps de grâce qui nous sont offerts, ne passez pas à côté de la joie du pardon.

Ne soyons pas comme les scribes et les pharisiens ou comme le fils aîné : ils pointent du doigt le pécheur ; ils portent des jugements téméraires sur sa conduite au lieu de s’examiner eux-mêmes. Au contraire, quand nous voyons des pécheurs venir à Jésus dans le sacrement de la réconciliation et le désir de conversion, prenons part à la joie de Dieu qui retrouve ses fils.

Mais comment entendre l’appel à la conversion en ce temps de Carême, et surtout, l’ayant entendu, comme le vivre et le mettre en œuvre ? Comment sortir de toutes les servitudes, de toutes les addictions ? Sinon comme Moïse, dimanche dernier, en nous approchant plus intimement du buisson ardent, de ce feu intérieur, celui de l’Esprit-Saint reçu à notre baptême, sinon dans ce regard croisé entre Moïse qui s’approche pour voir et celui de Yahvé qui s’est approché pour voir la misère de son Peuple, sinon du père du fils prodigue qui attend patiemment son retour pour le réintroduire dans sa dignité de fils : quel échange de regard il dut y avoir entre le père et le fils.

Voilà ce que nous vivons dans le sacrement du pardon : entrant dans son église paroissiale, le pécheur, en voyant le confessionnal, s’approche du buisson ardent où l’attend le regard miséricordieux de Dieu qui voit sa misère pour le délivrer de toutes les servitudes de son péché

 

- En approchant comme Moïse du buisson ardent de la miséricorde du Seigneur, alors, notre joie sera à son comble.

- A l’invitation de Saint-Paul dans la seconde lecture, laissons Dieu « déposer en nous sa parole de la réconciliation », alors, notre joie sera à son comble.

- En pardonnant comme le Père, en particulier en famille, alors notre joie sera à son comble.

- En accueillant le pardon comme le fils prodigue, alors notre joie sera à son comble.

Oui, l’introït de ce dimanche : « réjouissez-vous » est de la plus haute pertinence et la miséricorde du Seigneur prendra notre visage à la suite du Christ pour en être à notre tour les missionnaires et les ambassadeurs. Amen !

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