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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Qui donc désire le bonheur ?

9 août 2015 - 19e dimanche dans l'année B - Homélie du père Roland BRESSON

En cette année B, c'est le troisième des cinq dimanches pendant lesquels, nous interrompons la  lecture de l'évangile de saint Marc, pour écouter le chapitre six de l'évangile de saint Jean. Cinq dimanches pendant lesquels nous revivons, nous entendons, nous méditons l'enseignement de Jésus sur le Pain de Vie.

                                                                     

          En cette période d'été, il nous est bon de nous reposer aussi spirituellement pour voir et goûter comme le Seigneur est bon dans son Pain, nourriture de nos corps et de nos âmes.

          Un bref rappel pour ceux qui auraient manqué les deux épisodes précédents ! Il y a quinze jours : Jésus a multiplié les cinq pains dont il disposait pour nourrir 5000 hommes sans compter les femmes et les enfants qui allaient avec et il est resté douze paniers pleins de pains.

          Il y a une semaine, toute cette multitude a fait le tour du lac pour rejoindre Jésus qui a tenté de s'échapper face à la foule subjuguée qui voulait le faire roi. Il a alors commencé à les enseigner : " vous me cherchez parce que vous avez mangé, pas parce que vous voulez vous attacher à moi. "

          Aujourd'hui la foule subjuguée doute... c'est une bonne leçon pour nous qui nous disons parfois qu'un bon miracle ferait du bien à notre foi. Voilà que Jésus en chair et en os, ça ne passe pas pour la foule : " Cet homme-là n'est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire : je suis descendu du ciel ? ".

          Voilà que l'extraordinaire mystère de l'Incarnation : un Dieu qui pour mieux nous toucher et nous sauver vient s'immerger dans l'immense pâte humaine, comme un levain dans la pâte ; ce mystère de l'Incarnation devient un empêchement à croire pour les hommes qui en sont les témoins directs : "ce serait ça ? Dieu ? Un homme comme nous !".

          Au risque de décevoir nos intelligences, Jésus ne répond qu'une chose : "personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi ". Le Seigneur Jésus ne peut être cru extérieurement comme étant le Fils de Dieu. Il faut pour cela une force plus grande que nos pauvres forces humaines. Par un certain côté, cela est rassurant pour nos intelligences humaines. Que serait ce Dieu que l'on pourrait capturer ? Saisir de façon objective : " voilà son portrait, voilà son visage, son histoire, son ADN, ses traces ". Non, Dieu est plus grand que notre cœur. Il dépasse tous nos discours, y compris les homélies, il ne peux être circonscrit par un raisonnement. Dieu, en Jésus son fils unique s'offre lui-même à notre connaissance par le moyen qu'il choisi, il se révèle, il ne s'impose pas, parce qu'il veut être accueilli. Il se donne à connaître parce qu'il le veut, parce que c'est sa gloire de se révéler à nous, de se communiquer librement. Cela commence à se réaliser le jour de l'Annonciation, quand l'ange vient annoncer à Marie le projet du Père, cela continue à Noël, quand des hommes et des femmes de Bethléem ont vu le nouveau né, puis sur les chemins de Palestine, et autour du lac de Galilée, et enfin cela éclate dans la révélation du Calvaire : quand tous les hommes de toutes les nations pourront contempler celui qui a été transperçé par amour pour eux : il y a des croix partout dans l'univers ! mais : "personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi "

          Avez-vous remarqué que aussitôt qu'il a dit cela, Jésus ajoute : " et moi je le ressusciterai au dernier jour ". Jésus se révèle à nous comme Dieu pour nous communiquer sa puissance de résurrection. Il est si peu majestueux, si peu imbu de son autorité divine, que ceux qui le voient ne peuvent pas croire une seconde qu'il soit venu du ciel. Mais pour ceux que le Père attire à lui : il est la résurrection et la vie : " Celui qui croit en moi à la vie éternelle ". Connaître le Christ, l'accueillir, se laisser attirer à lui par le Père, eh bien, c'est donc une question de vie ou de mort... " Celui qui croit en moi à la vie éternelle ". Cela ne peut pas nous laisser indiférents !

          Qui donc désire le bonheur ?

          Jésus nous le propose non pas avec un coup de baguette magique mais en suivant le chemin d'humanité qui passe par l'échec qu'il a voulu suivre lui-même au milieu de nous et qu'il a transformé en chemin vers la lumière.

 

          Mais comment cela peut-il se faire pour nous : qui n'étions pas au bord du lac, pour nous qui n'étions pas au pied de la croix quand il a donné sa vie pour nous, quand il nous a transfusé la vie éternelle ? Comment cela peut-il se faire ? Par la communion, plus généralement par l'Eucharistie : " Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le Pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. "

          A la messe, nous prenons place au banquet que Jésus organise pour nous chaque dimanche. Nous prenons place et nous l'écoutons... dans l'évangile mais aussi dans l'Ancien Testament qui nous rappelle aujourd'hui que même sur la route du découragement, de la depression : " Maintenant, Seigneur, c'en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. "  Dieu s'occupe de nous : " Lève-toi, et mange ! Autrement le chemin serait trop long pour toi. "

          Après avoir écouté son enseignement, à la messe, nous lui disons : " Oui Seigneur je le crois : Credo in unum Deum, je crois en Dieu... "

          Aussitôt après : " Oui, je crois mais fortifie ma foi " : c'est la prière des fidèles : sans la prière, sans le désir de Dieu, sans notre disponibilité à lui parler comme à un ami, Dieu ne peut rien faire, il ne va pas forcer la barrière de notre indifférence, de notre agenda suroccupé, de nos vacances et du stand by qui va avec...

          Et enfin, quand il a frappé à notre porte, que nous avons entendu, que nous avons ouvert, il vient s'asseoir à notre table, il vient prendre son repas avec nous, et nous avec lui : " Si nous comprenions vraiment ce qu'est la messe, nous en mourrions". Cette phrase est du Saint Curé d'Ars.

 

          Interrogeons-nous, frères et soeurs, moi le premier : Est-ce que je désire vraiment le bonheur ?

Est-ce que j'ai essayé vraiment de me laisser attirer à Jésus par le Père ? Est-ce que j'ai osé tout demander au Père ?

Est-ce que j'ai essayé d'aimer la façon dont Jésus vient me chercher et demeurer avec moi à la messe ?

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