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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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« Reprendre le bon chemin »

Homélie du Père David pour le 15ème dimanche du T.O. - le 12 juillet 2015


« Reprendre le bon chemin », c'est notre sainte intention, chaque jour, mais plus particulièrement la dimanche. Tout ce jour, depuis les premières vêpres, nous est offert pour célébrer la mémoire de la Résurrection ; grâce au repos dominical, nous pouvons replonger toute notre personne dans le regard de Dieu. Comme au matin de Pâques, il nous appelle chacun par notre prénom pour approfondir notre joie d'être chrétien. C'est Jésus ressuscité qui s'adresse à nous, comme à Marie Madeleine ; car le jour de mon baptême, de ma confirmation, de notre mariage pour certains, de l'ordination sacerdotale pour d'autres, le Seigneur m'a saisi dans la gratuité de son amour. Non pour gagner ma vie, mais pour proclamer qu'il faut se convertir, se tourner vers Lui afin de recevoir la richesse de sa grâce. 
  
Cela nous demande d'être vigilant, de ne pas laïciser le dimanche par le primat du loisir. Certes, il est vital de se détendre, mais cela concerne à la fois le corps et l'esprit dans toute sa profondeur. « Recherche la paix et poursuis-la » telle est la vraie détente, apaiser notre âme et notre corps. Être en paix n'est pas une simple conformité à ce que nous pensons, où le relativisme ambiant m'incite à être ma propre mesure. C'est recevoir en vérité la profondeur de notre vie, dans l'humilité. 
  
L'humilité nous permet de recevoir avec la force de l'amour déployé dans le mystère de la Résurrection qu'Il nous a choisi pour être saints, immaculés dans l'amour. C'est là le vrai lieu de notre repos, dans l'amour, parce que là nous atteignons pourquoi j'existe ; j'atteins ce pour quoi Dieu a voulu que j'existe. Alors prenons le temps d'ordonner notre repos, non au profit, à la performance, mais à la gratuité de l'Amour en vérité. Chacun peut discerner, là où il en est ce qui est bon pour lui. 
  
  
La conversion, c'est donc vouloir entrer dans le repos de Dieu, comme nous en témoigne l’épître aux Hébreux, c'est-à-dire que tout notre être soit éternellement saisi par Dieu ; en vérité nous ne pourrons nous reposer que là. 
  
Voilà la lumière qui nous permet de discerner ce qui est indigne du nom de chrétien et ce qui lui fait honneur. Le discernement s'opère par notre désir de nous reposer en Dieu. Alors nous pouvons recevoir pourquoi Jésus demande à ses apôtres cette radicalité pour proclamer l'Evangile ; parce ce discernement est proclamation de l'Evangile. C'est à quoi le Pape François nous appelle par son encyclique. La conversion écologique n'est autre qu'une conversion au Christ qui fait tout chose nouvelle. Dans cette fin de civilisation que nous pressentons, la pauvreté évangélique nous permettra de témoigner à tous où est le vrai sens de notre vie : « Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent.» Matt. 6, 24. 
  
Alors, auprès de la Vierge Marie, Mère de Dieu, Reine du Ciel et de la terre, nous avons l'opportunité d'entrer plus profondément dans le repos de Dieu, grâce à la célébration de l'Eucharistie. Sa manifestation sur la pierre d'autel du Mont-Anis, il y a 1585 ans, nous enseigne bien cela. Nous ne trouverons pas de repos dans le culte de nos idoles, mais dans le don de la grâce qui nous introduit toujours plus avant dans la Gloire de Dieu. Elle est apparue en majesté, c'est-à-dire dans sa pleine maturité spirituelle afin de nous ancrer toujours plus dans cette espérance. Elle nous témoigne de la richesse de la grâce et nous dit l'infinie miséricorde divine qui nous est prodiguée par le Christ crucifié. Certes Notre-Dame du Puy est un point de départ pour saint-Jacques, mais c'est aussi un point d'arrivée pour ceux qui espèrent contre toute espérance.
 

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