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Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay
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Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Homélie prononcée par le père Roland BRESON, le dimanche 17 janvier 2016 pour le 2ème dimanche du TO

Cette année, comme tous les trois ans, en l'année C du lectionnaire, nous avons la grâce de vivre le développement complet du mystère de l'Epiphanie. Le dimanche où nous célébrons l'Epiphanie à proprement parler, il y a quinze jours, nous voyions le signe du ciel : l'étoile, révélant aux mages l'endroit où se trouve Jésus. Le dimanche du Baptême du Seigneur, il y a huit jours, nous entendions la voix du Père, venue du ciel : nous révélant que Jésus est son enfant bien-aimé. Et le dimanche suivant, aujourd'hui, nous goûtons au premier signe qu'accomplit Jésus : l'eau changée en vin des noces. Et il est bon ! Dieu vit que cela était bon !

         Ces trois pages des évangiles, ces trois dimanches, ces trois mystères sont comme trois rayons de la lumière de l'Incarnation : Dieu qui apparait sur la terre, dans le grand mystère de l'Epiphanie.

         Premier rayon : l'Étoile : Dieu est bien là dans l'enfant de Marie à Bethléem que désignait autrefois l'Etoile et que désigne aujourd'hui la foi dans nos cœurs.

         Deuxième rayon : la Voix du Père qui déchire le ciel : Jésus est bien le Fils du Père éternel, désigné autrefois par l'Esprit saint et dont l'Evangile et l'Esprit saint témoignent chaque fois que nous l'entendons aujoud'hui.

         Troisième rayon : le Vin nouveau coule à flots (600 litres !) : Jésus-Christ est bien là, autrefois dans la noce de Cana et dans les sacrements, spécialement la messe, aujourd'hui.

 

         Comme le chante la belle antienne du matin de l'Epiphanie :

         Aujourd'hui, l'Église est unie à son Époux : le Christ, au Jourdain, la purifie de ses fautes, les mages apportent leurs présents aux noces royales, l'eau est changée en vin, pour la joie des convives, alléluia.

         Aujourd'hui en effet Jésus commence à accomplir des signes par lui-même tout en affirmant que c'est le Père qui continue d'agir en lui. Tout se passe un peu comme si aujourd'hui après avoir été engendré par le Père, après avoir été reconnu par le Père, il commence à voler de ses propres ailes : il commence à accomplir l'œuvre de son Père.

         Et cette œuvre est un signe : le miracle de Cana. Jésus dira un jour : Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. (Jn X, 37-38).

         Mais ce miracle a quelque chose de fondateur : il est le modèle des miracles : Par ce « signe », Jésus se révèle comme l’Epoux messianique, venu établir avec son peuple l’Alliance nouvelle et éternelle, comme l'avait dit Isaïe que nous avons entendu avant l'Evangile : « Comme la jeune mariée fait la joie de son mari, tu seras la joie de ton Dieu.  » (Is 62, 5). Et le vin est le symbole de cette joie de l’amour ; mais c’est aussi une allusion au sang que Jésus versera à la fin, pour sceller son pacte nuptial avec l’humanité.

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         Tous les miracles sont une réponse à une demande, cherchez bien dans l'évangile : jamais Jésus ne fait un miracle sans que cela lui soit demandé avec foi. Vraiment, les plus émouvants miracles de l'Evangile sont ceux qui sont précédés par ces admirations que Jésus éprouve pour la foi, la confiance de ceux qui demandent : voyant la foi de ses quatre amis, Jésus pardonne et guéri le paralysé ; a cause de la parole audacieuse mais pleine de foi d'une femme étrangère, Jésus délivre d'un démon la fille de cette femme; à cause de la foi totale d'un centurion romain, Jésus sauve de la mort le serviteur de ce centurion. On pourrait dire en paraphrasant un slogan publicitaire pour un jeu de hasard : cent pour cent de ceux qui ont été guéris l'ont demandé à Jésus ! 

Jamais Jésus ne fait un miracle sans que cela lui soit demandé avec foi.

         Mais il y a quelque chose de très particulier dans ce miracle. Ce ne sont pas les époux qui le sollicitent, ce n'est pas le maître du repas non plus. Le caractère unique de ce miracle : c'est la qualité de la personne et de la foi de celle qui le demande : La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. ». C'est le seul miracle qui est sollicité par Marie ! Et la singularité de ce miracle en fait en même temps son caractère fondateur... C'est comme si elle était la premiere à oser demander un signe à son Fils, et encore : avec beaucoup de retenue : elle ne dit pas : fais quelque chose ! Mais elle lui dit : « Ils n’ont pas de vin. ».  C'est la premiere à oser demander un signe à son Fils et à sa suite, des dizaines de possédés, d'endeuillés, d'aveuglés, d'handicapés, d'éclopés en tous genres, vont s'engouffrer dans la brèche ouverte par Marie dans le mur qui séparait la miséricorde de Dieu d'avec les détresses humaines.

         Grâce à cette demande, car s'en est une : Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? », grâce à cette demande Marie permet à Jésus de commencer à manifester sa gloire aux disciples, de commencer à croire en lui.

         Et comment ne pas nous émerveiller devant la parole qui sort de la bouche de Marie, parole fondatrice dans notre foi et dans notre pratique chrétienne ? Rares sont les paroles de Marie, rares et précieuses, et celle-là peut-être plus importante encore que les autres pour notre quotidien : Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. ».

         Voilà peut-être le retour sur nous-mêmes auquel Marie nous invite chaque fois que nous nous tournons vers elle : par elle, nous avons reçu Jésus, par elle nous allons à Jésus et par elle nous revenons à nous et à la grande affaire de notre vie chrétienne : faire tout ce que Jésus nous dit : Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. ». Quand nous auront tout fait, comme autrefois quand les serviteurs remplirent les six jarres de pierre, alors Jésus pourra faire des signes et des miracles en nous et par nous, et même dans les cœurs de pierre, comme les jarres !

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         Alors qu'approche le Jubilé de Notre-Dame du Puy, l'évangile nous éclaire pour comprendre la belle occasion que le Jubilé va être pour nous.

         L'Annonciation va coïncider avec la Passion. " Vraiment il a pris sur lui  nos langueurs, il a porté lui-même toutes nos douleurs. Et c'est toi Marie qui lui as donné des épaules pour les porter, puisque c'est de ta chair qu'il a reçu un corps capable de sacrifice." (Adam de Perseigne)

         Ne manquons pas le rendez-vous, car le premier des signes que Jésus va continuer de nous faire durant le Jubilé, a été sollicité autrefois par Marie, et ici au Puy elle continue de dire à Jésus : « Ils n’ont pas de vin. » pas d'Espérance, pas de consolation, pas de miséricorde...

         Prions pour que tout se passe selon la Parole du Seigneur : Il y eut un Jubilé au Puy. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au Jubilé avec ses disciples.                     Amen.

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